CHAPITRE I
de grandes portions à des lieutenans, qui pussent les contenir et les défendre. De là , des guerres civiles entre ces grands vassaux , telles que celles qui portèrent au trône Vladimir et laroslaf ; et, de ces dissensions, des renversemens de fortunes établies , passant aux mains d'hommes nouveaux , nés de la guerre et des révolutions ; enfin, la civilisation naissante sans cesse interrompue.
Toutefois , l'introduction du christianisme était un des pas les plus directs vers cette civih'sation ; et si les efforts d'Olga, de Vladimir et d'Iaroslaf, n'avaient pas été contrariés, on doit croire que la période dans laquelle nous entrons aurait été moins sanglante.
Il faut ici rendre hommage au génie du christianisme ; pendant cette seconde période , il inspira à cette foule de descendans deRurick,qui se partagèrent la Russie , la plupart de leurs belles actions ; il fit, des meilleurs de ces princes, de véritables grands hommes : il modifia les mœurs , et arrêta quelquefois la main criminelle des plus mauvais. Si l'on en croit Karamsin , dans aucune famille de princes barbares on ne vit plus de sanglantes discordes et moins de
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fiati icides ; les prêtres grecs , lumières de ces ténèbres, détournés de leurs subtilités religieuses par la grossière rudesse qui les entourait, dépendans des princes et n'ayant qu'à perdre à cette barbarie, parlèrent souvent le sublime langage du Christianisme.
Mais comment civiliser des barbares entourés de barbares? Olga ne fut pas écoutée; son fils Swiatoslaf même lui résista. Baptisée à Byzance par Constantin Porphyrogénète , quand , à son retour , elle essaya de convertir ce jeune guerrier , il lui répliqua : Je ne puis adopter seul cette religion nouvelle , mes compagnons se moqueraient de moi. Singulière réponse , qui semble prouver que le ridicule a été , de tout temps , la plus puissante des armes anti - religieuses.
Cette arme fut trop faible contre Vladimir ; mais il entreprit trop tard de se réformer et de réformer les auti^es.
Il y eut d'autres obstacles à la civilisation des Russes; on les trouve dans l'éloignement qu'inspiraient les Grecs méprisés et leur religion nouvelle , pour les arts , les sciences et les mœurs , que ces étrangers apportaient.