CHAPITRE IV
subjuguer ', et attire dans le centre de la Russie, par les charmes de la paix , la population du Midi, qui fuyait les horreurs de tous les genres de guerre.
Enfin, en 1168, après avoir été repoussé par la fière et inconstante Novgorod, il se retourne vers Rief , sur laquelle ses armées marchent • et c'est alors que cette seconde capitale des Russes, prise d'assaut, dépouillée, dégradée, tombe , et cède sa suprématie à Vladimir.
Cependant, l'année suivante, les nombreuses troupes d'André, conduites par soixante-et-onze princes du sang, que commande l'un de ses fils, échoueront encore devant Novgorod où règne un fils du prince de Kief. Novgorod est à son plus haut degré de puissance : entrepôt du commerce de la Perse et de l'Inde avec l'Allemagne , elle vient d'être admise dans la ligue anséatique. IMais si elle a résisté deux fois à toutes les forces d'André, elle cède à sa politique , et la première , comme la seconde ca-
' André ne fit plus la guerre par hii-mème depuis son avènement. C'est peut-être pourquoi, à dater de son règne, les chroniques donnent le nom de coiw à ce qu'elles avaient appelé jusque là garcL du prince.
lo8 LIVRE II.
jiitale des Russes , eu reconnaît une troisième pour métropole.
André vient de triompher dans cette partie de sa double lutte ; mais dans celle des apana-. ges , la coutume appuyée sur de trop grands intérêts , lui résiste. Pour im seul Grand prince dont l'intérêt était de détruire ce système, une foule de princes, tous souverains, en devaient vouloir la continuation, et non seulement eux, mais encore leurs gardes , et tous ces Boyards , cette multitude d'aventuriers attachés à chacun des descendans de Hurick, et qui vivaient de cet usage et de tous ses vices.
Aussi, tous se révoltent. C'est vainement que les frères , que les neveux d'André , auxquels il refuse des apanages, et qui en exigent, sont exilés , et forcés de fuir jusqu'à JByzance. Le reste de la Russie , partagé entre ses parens , l'emporte. Kief et Novgorod lui échappent ; ses armées de cinquante mille hommes échouent devant une coutume invétérée : elle triomphe, et la politique d'André est forcée de se contenter d'un vain hommage.
Enfin , dans son propre patrimoine , qu'il veut du moins maintenir entier et sans partage,