‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 56 sur 189 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

cruellement assassiné par les siens,il raeurt haï

et sans vengeance.

La chute de ce Grand - prince et de son système d'ordre et de force , par la concentration du pouvoir, arriva en 1174; d'où il résulte que ce grand effort fut essayé trop tôt , ce que montre la résistance des mœurs ; et trop tard , en le rapportant à l'invasion des Tatars , qui arriva cinquante-quatre ans après. Car , même en admettant une succession de princes habiles , et une suite d'efforts bien dirigés, un demi-siècle n'eût pas suffi pour rendre à la Russie , par la centralisation du pouvoir, toute la force dont elle était susceptible, et qui lui eût été indispensable. L'histoire entière prouve qu'une telle concentration de puissance dans un état féodal , et contre tant d'intérêts si forts et si opposés, fut toujours bien plus longue à établir.

Au reste , bien loin de persévérer dans cette grande pensée , le premier successeur d'André vit froidement se morceler en apanages ce vaste domaine de Souzdal , devenu , par sa réunion instantanée dans une seule main , le noyau de l'empire. Le second se laissa disputer la Grande- I. 10

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principauté , par l'un des princes qu'il avait apanages aux dépens de son propre domaine. Le troisième fît bien plus : il déclara naïvement, qu'il n'exigeait aucune soumission des princes apanages, et qu'ils ne devaient compte de leur conduite qu'à Dieu seul.

Ainsi, le résultat de ce troisième changement de capitale fut de transporter dans le centre de la Russie la fureur des guerres civiles , le morcellement en apanages, et d'éloigner le centre du gouvernement, non seulement de la Grèce, de son commerce, de sa civilisation, mais aussi des provinces russes les plus européennes. Cellesci , cherchant un point d'appui à leur portée, ne tardèrent pas à devenir hongroise, polonaise et lithuanienne. Enfin , ce changement de résidence acheva la décomposition du nord de l'Europe, à l'instant ou l'Asie centrale , se réunissant tout entière sous un seul chef, était prête à déborder sur cette contrée malheureuse.

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