CHAPITRE I
Troisième période, de 1287 à 1462.
Voici qu'un grand conquérant s'élève auprès de la E-Ussie , dans l'instant même où ce malheureux pays n'a plus , pour se garantir , que les lambeaux d'une puissance usée et déchirée par la discorde.
Aussi a-t-il suffi pour l'écraser d'un seul des Heutenans de Gengis-khan ' , et de deux efforts tentés, l'un en 1221 , au travers des défilés du Caucase , l'autre en 1237, par la Bulgarie orientale ^. Le premier, qui ne fut qu'une irruption, n*a coûté au vainqueur qu'une seule bataille ; le
I Ou Tcbinguis. De Guignes écrit Genghizkhan. ^ Ou le pays de Kasan.
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second, quelques combats insignifîans, mais, beaucoup de sièges.
Cherchons d'abord les causes de cette invasion, celles de ses rapides succès , et de la longue durée de ce deraier triomphe de l'Asie ; nous suivrons ensuite la marche lente et graduelle des Puusses vers leur indépendance.
Les principales causes de cette grande invasion de l'Europe par l'Asie, se trouvent dans le génie de Gengis-khan , qui réunit les Mongols ^ aux Tatars , et dans les mœurs de ces deux peuples.
Cet ambitieux ne pouvait être grand que par la guerre; il était barbare ; il commandait à des pasteurs, nécessairement nomades comme leurs troupeaux ; comment , dans ces vastes déserts , les aurait-il tenus sous sa dépendance ailleurs que dans des camps? Comment les tenir réunis dans des camps autrement que par de continuelles conquêtes ; sans quoi ces peuples pasteurs sont forcés pour vivre de se séparer en une multitude de hordes ? La guerre , une
' Mogols , suivant de Guignes et Karamsin ; et Mongols , suivant Malte-Brun , Depping et Levesque.