CHAPITRE m
On a vu l'Asie ralliée , surprendre et soumettre la Russie désunie ; on va voir l'Asie se dissoudre à son tour, et la Russie, rassemblant successivement tous ses peuples , venger enfin son injure. Mais dans ce retour vers le bien, elle suivra la marche lente et méthodique de la nature, qui compose si lentement, si méthodiquement , ce qu'elle décompose si vite.
Cette habitude de guerre, qui accoutume à ne reconnaître d autre droit , d'autre vertu que la force; le défaut d'ordre dans la succession au khannat ; la facilité des révoltes pour des chefs de hordes errantes ; l'indispensable nécessité , dans un trop grand empire , d'en confier de grandes divisions à des lieutenans ; la révolte et les conquêtes des Nogais en i^Sg; les ravages de Timour en i38o : toutes ces causes contribuèrent à la désunion et à l'affaiblissement du Kaptchak, qui date surtout du mih'eu du qua-
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torzième siècle, après le règne d'Usbeck , plus d'un siècle après sa fondation.
Je ne parle ici que de l'empire du Kaptchak, l'une des cinq divisions du grand empire de Gengis-khan. L'ensemble de celui-ci ne subsista que quarante ans. Il ne faut chercher la cause de son peu de durée que dans l'immensité de son étendue ; car un homme peut bien ravager le monde, mais Dieu seul peut le gouverner.
Cependant, les premiers successeurs de Gengis ne prétendaient pas à moins qu'à la possession de la terre entière , qu'il leur avait léguée par testament '. Ils destinaient dix-huit années à la conquête de l'Europe : mais de ces orgueilleux , Octaï , le premier après Gengis , mouinit empoisonné , ce qui contribua peut-être à suspendre l'invasion déjà proche de Constantinople , de Vienne, Dresde et BerHn. Le second, Gaïuk ou Raïouk , ne fît que passer sur le trône ; Mangou le troisième, y éprouva des revers; et Koublai , le quatrième de ces prétendus dominateurs du monde , ne put même pas être maître chez lui -.
I F. Plan-Car pin.
* f^, Aboulgasi.