‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 65 sur 189 · CHAPITRE m. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. l

Nous avons vu les causes de l'invasion talare, de son succès , de sa durée, et les premiers principes de la décomposition de cet empire. Voici la marche des Russes vers leur indépendance.

Remarquons d'abord que les Grands-princes russes , et même les princes apanages , avaient été forcés d'aller jusqu'au khan mongol pour obtenir le droit de gouverner. Ces voyages étant d'une année, l'autorité de ces princes chez eux , pendant une si longue absence , restait faible , indécise , incertaine. Mais bientôt le Kaptchak , ou la horde dorée, se rendit indépendante du khan mongol , et ce ne fut plus qu'à Saraï que les princes russes durent aller demander la couronne.

D'autre part , presqu'à la même époque , et dans le Kaptchak même, ainsi détaché du grand empire mongol , il venait de se faire un autre démembrement. Nogai , l'un de ses guerriers , conquérant du nord de la mer Noire , s'était rendu indépendant. Dès 1262 ou 1266, sa révolte contre la horde dorée donnant aux Russes quelque espoir d'affranchissement, ils massacrèrent les Tatars établis chez eux. Bientôt même, en 1281 , un Grand-prince, Dmitry, r. 12

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opposa ces Nogais aux Kaptchaks , et se rétablit par leur influence.

Toutefois , ces commencemens de divisions chez les conquérans ne les affaiblissaient qu'aux dépens de la Russie , qui servait de champ à leurs batailles et de prix à leurs victoires.

Mais ce qui surprend , c'est qu'il existât encore un Grand-prince à cette époque. En même temps que Bâti et Bourgai achevaient la conquête de la Russie, le hasard voulut qu'Alexandre Newsky , l'un des fils du Grand-prince de Vladimir , et conséquemment prince de Novgorod , fût un grand homme de guerre et de politique. Il releva et repeupla un grand nombre de villes russes: il sut battre en héros ses ennemis d'Europe, les chevaliers Teutoniens et les Lithuaniens , reprendre la Newa sur les Suédois - et capter les Tatars , qu'il jugea trop forts pour être combattus.

Le même hasard fit qu'à l'instant où il gagnait l'esprit du khan, le prince de Rief s'attirait la haine des Tatars et celle des Russes , en se soumettant au pape, et qu'André, prince de Vladimir, épousait la sœur de ce prince de Rief, et refusait d'acquitter le tribut du khan;

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