CHAPITRE X
Quoi qu'il en soit, au commencement du quatorzième siècle Usbeck devint maliométan ; il pensa que ses prédécesseurs, soit tolérance , insouciance ou orgueil, avaient négligé de rallier dans une même loi des esclaves vaincus , qu'il ne fallait pas mépriser. On dit qu'il voulut leur ôter ces traits trop prononcés de dissemblance et d'opposition.
Ce khan p:u^aît avoir été bien frappé du pouvoir du clergé Russe à cette époque ; on en peut juger par les soins dont il combla le métropolite quand il vint à sa horde. ]Mais le chrétien dut se méfier d'un prince mahométan qui rangeait toutes ses hordes sous la loi du prophète.
En effet, vers i32'^,le bruit se répand tout à coup queSchevkal ', parent d'Usbeck , et son ambassadeur à Twer, y est venu pour massa-
» Suivant Levesque , Stchelkhyn.
LIVBE III.
crer la famille du Grand - prince . s'asseoir sur son trône , et v arborer l'étendard du prophète.
Le massacre général des Tatars dans cette principauté, dut prouver à Usbeck la vanité de ses projets. Peut-être ses guerres avec la Perse lui en firent-elles remettre Texécution à un autre temps; peut être même lui furent -ils prêtés , puisqu'il se contenta de faire ravager la Russie et de changer son Grand-prince. Qu'importe? Il est inutile et impossible d'approfondir ce fait ; il suffit qu'il prouve linquiétude active du christianisme, à la vue d'une religion ennemie et exclusive comme lui.
La crainte de l'intolérance tatare contribua donc encore à rallier les prêtres, au seul pouvoir en état de les protéger. Ils sentirent que le Grand -prince ne pourrait les défendre contre le mahométisme et le catholicisme , qu'avec toutes les forces des Russes , et ils s'efforcèrent de les rassembler dans sa main.
Cette politique date surtout de l'asservissement de Rief aux Nogais et aux Lithuaniens '. Kief avait conservé des prétentions à la suze-
I De i2f)Q à i32a.