‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-Grand (volume 2)Chapitre 97 sur 189 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ses ennemis se détruisissent eux seuls ; sans risquer , comme Dmitry Donskoï , la Russie dans une bataille , il l'a délivrée par une diversion , en dépit d'elle-même et pour jamais , du joug asiatique ; l'heure , le lieu , tout était marqué ! Placé , comme la Divinité , hors de portée de ceux qu'il protégeait , il a su mépriser leur mépris même, et, sans s'émouvoir des clameurs des siens , attendre que les temps fussent accomplis.

Voilà comme le temps, la fortune et Menghli- Ghirey ont assuré le triomphe d'Iwan sur ses premiers adversaires ; mais son bonheur est sans enivrement. Parvenu à son but , il ne dédaigne pas les moyens qui l'y ont fait parvenir. S'il donne en maître des souverains à Rasan , il les choisit dans la famille de ce khan de Crimée , son allié fidèle. Sa cour, ses Etats se peuplent de princes tatars réfugiés et convertis. Néanmoins , son attitude change. Les Turcs de Caffa ont pillé des marchands russes. Dans le pusillanime Grand-prince de i48o , qui reconnaîtrait le czar de 1492 , écrivant ainsi au sultan Bajazet : D'où proviennent ces actes de violence? Le sauez-vous^, ou non? Encore un

mot : Mahomet votre père était un grand prince; il voulut m'em^oyer des ambassadeurs pour me complimenter ; Dieu s^est opposé à l'exécution de ce projet. Pourquoi n'en verrions-nous pas aujourd'hui l'accomplissement? Et c'est ce même lAvan , naguère si tremblant devant un Tatar , qui , vers i49^ •> recommande expressément à son ambassadeur à Constantinople , d'être attentif a ne rien faire contre la dignité de son maître; de complimenter le sultan, debout et sans s'agenouiller ; de n adresser sa harangue qu'a ce souverain lui-même , et de ne céder le pas h aucun autre ambassadeur.

'Vvv^vw^^AA'»'VW»w^A.v■v^^vxvAvv\Awv•\vvvAvw^xvv^^v^'^vvvv^AAAvw\)vw\

Page 1