CHAPITRE V
commence enfin à présider aux destinées de la Russie ; tout se classe et se coordonne : les routes et leurs stations, la police, l'armée, sont plus régulièrement organisées; les impôts , uniformément et mieux répartis. Dans ces milliers d'enfans boyards, nouveaux possesseurs de fiefs militaires , espèce de spahis comme on en voit encore en Turquie , on reconnaît l'institution d'une petite noblesse féodale, mais sans hiérarchie, et dépendante directement du trône, dont elle fait la force.
Un nouveau code paraît; il règle et taxe la faculté qu'ont les paysans de changer de seigneurs; il détermine les limites de l'esclavage ; et , forcé de confier la justice aux grands et à ces enfans boyards, nouveaux propriétaires, il leur adjoint l'ancien, les notables et le fonctionnaire civil du lieu.
Du reste , dan^s ce code barbare , tout est tranchant comme le glaive qui y tranche tout. Le duel juge la plupart des délits criminels ; en cas de suspicion, et a moins d'une réputation intacte, c'est à la torture à éclairer la justice. Les peines du code d'Iwan sont la confiscation , le knout, l'esclavage, la mort , niveau de son despotisme; c'est depuis son règne que les Russes ont étonné l'Europe par leur aveugle servilité. Les étrangers l'ont appelé Iwanle-Grand ; ses sujets , Iwan-le-Temble. La Russie d'Oleg, de Vladimir et d'Iaroslaf , n'était plus; c'est la Russie dlwan III, réformée par Pierre-le-Grand, qui existe encore.
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