‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 120 sur 359 · CHAPITRE L 2i · texte numérisé non relu

CHAPITRE L 2i

Et puis 9 si Rurick4e-Grand n'avait pas été de^ pote , de ce despotisme militaire qui suit la cornquéte^ les G^^ecs^ et surtout les Tatarj»^ auraieut bien appris à ses successeurs a le deTenir. C'est pourquoi l'ascendant militaire des chefs varègues^ qui n'aTait pas pu se naturalker à Novgorod^ s'établit sans obstacle dans^ le Sud, que l'oppressioû asiatique avait préparé au gouremement militaire , qui descendait du Nord.

A toutes ces causes favorables au deq>otisme^ les Grands-princes de Moscou joignirent leur ma*> chiavélisme.

Mais dans cette histoire de^l'esdiavage, qudtques traits de la figure morale de ce peuple à cette époque d&i^iennent nécessaires.

Après ce qui a été dit, on s'étonnera peu que les Russes d'aloi^ fussent enclins à la dissimulation^ Us y avaient été portés par un long esclavage, et par l'habitude de cacher leur gain , pour qu'il ne leur fut pas enlevé par leurs maîtres.

Us étaient intéressés et fraudeurs ,^ parce qu'ilà étaient pauvres , parce que la plupart avaient à racheter leur liberté, et que touS' les moyens leur paraissaient bons pour se procurer de quoi faire l'acquisition d'un droit si naturel.

Les prêtres, seuls instituteurs d'alors, étaient trop grossiers pour inspirer de la moralité. Le peuple ne recevait donc aucune éducation, pas néme cdHe de l'exemple; car le9 nobles, de tout

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temps celui des peuples, étant environnés d'esclaves dès leur berceau, ne se trouvaient guère plus civilisés que le reste.

Pour se faire une idée de l'ignorance des Russes sous Iwan IV, il faut les voir se persuader, parce qu'on venait, dans le seizième siècle, chercher leurs blés, leurs bois, leur chanvre et leur caviar, à Saint-Nicolas et à Ârchangel, que leur pays était le grenier, le chantier de l'Europe , et que , sans eux, l'on y mourrait de froid et de faim. Il fiiut encore, les voir s'imaginer être le peuple le plus instruit de la terre , quand l'astronomie , l'anatomie et la plupart des sciences, leur paraissaient des arts diaboliques y quand il n'y avait pas même trois de leurs prêtres qui sussent le grec ; quand ils ne savaient compter que par des boules enfilées, et quand des peaux de bêtes étaient encore la monnaie courante. C'était là qu'un noble se faisait remplacer par un de ses serviteurs pour là peine corporelle infligée au parjure, et que devant le Czar et à lui-même, on osait dire : Tu mens y sans croire injiu'ier; car les injures étaient punies par des amendes, par des coups, par l'exil; les duels judiciaires n'ayant point encore introduit ces autres duels, qu'ailleurs l'honneur exige.

Pour des gens si grossiers, les peines étaient grossières, et les'supplices afii-eux, faute de moeurs et d'honneur.

Des coups de fouet et une flétrissure publique

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