‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 121 sur 359 · CHAPITRE I. 2Ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 2Ï

punissaient. le péculat; mais on rentrait en place en sortant àd$ mains du bourreau; ce qui perdait d'honneur la place, et ôtait le déshonneur à la punition y ou plutôt ce cpû supposait un manque d'honneur général.

L'usage des Grands -princes de choisir leurs femmes au milieu des filles de la noblesse réunies; l'esclavage des prisonniers de guerre; les longues méridiennes; le respect, le goût pour l'embonpoint; le silence absolu devant le Czar, tel qu'au dire d'un étranger, en fermant les yeux au milieu de la cour la plus nombreuse , on eût pu se croire dans un désert; les bazars; le pugilat; les pleureuses louées pour les ehterr^criens ; l'habit long, qui peut convenir aux Asiatiques, la douceur de leur climat invitant à la paresse, que ce vêtement favorise; les longues barbes; l'habit de moine dont Iwan IV, ainsi que plusieurs de ses prédécesseurs, se fit revêtir à sa mort; enfin la composition de sa cour, à là fois si grossière et si somptueuse; tout cela montre que cette nation n'avait pris des Grecs et des Tatars que ce qu'il était le plus facile d'en acquérir; des usages, des préjugés et des vices.

Ces mêmes usages avaient exclu les femmes de la société , ce qui pourrait motiver le soddmisme dont on accusait jadis les Russes. Mais qui oserait donner une cause naturelle à une horreur contre nature! Il faut chercher ailleurs, et plus bas, la source impure d'une telle dépravation dans une

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nation si neuve encore. On la trouve dans la grossièreté de ses usages; et c'est ici que le rapprochement d'une extrême civilisation à une extrême barbarie se fait vivement sentir. Quand on voit l'adultère, l'inceste, le sodomisme, tristes résultats de la mollesse, du luxe et des ii&aginations dépravées de nos vieilles capitales , exister de même dans ces tanières enfumées, où, pendant de si longues nuits , étaient entassées pêle-mêle des familles entières, on s'indigne sans s'étonner.

Il n'existait donc pas de société, du moins comme nous l'entendons, puisque les femmes, qui en font le lien, en étaient bannies. Pourtant, comme on ne savait ni lire ni écrire, il fallait bien se communiquer de vive voix. On se rassemblait donc tous les jours à midi sur les places publiques : c'était là que les aflaires se traitaient, que les nouvelles se transmettaient , et que s'achevait l'éducation de la jeunesse. Mais la tyrannie inquiète d'Iwan IV détruisit encore cette coutume : il glissa des déls^teurs entre tous ces liens: Avant le règne de ce furieux, les Russes disaient : Si je manque à ma parole y quil m'en arri^ honte. Et le monstre éteignit ce qui restait de ce grossier honneur des premiers temps.

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