‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 124 sur 359 · CHAPITRE II. 2îi · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 2îi

Une ancienne loi de Pskof constituait pour toujours les laboureurs de son territoire connue ses tributaires et ses ouvriers; car il semble qu'à l'exception de quelques onodvortzy, campagnards possesseurs de terres , il n'y avait de propriétaires fonciers que les gens de guerre , les marchands et les citoyens des villes.

Cependant, les paysans prolétaires étaient libres de h ^lèbe, et maîtres de se louer à qui ils voulaient , à vie ou à terme.

Ceci est fort à considérer; lasiirtout est la diflérence entre les temps féodaux du peuple russe et ceux du reste de l'Europe. Alors régnait partout le droit du plus fort. En Europe, les nobles l'ayant emporté sur les villes et les princes , la nécessité d'un ordre quelconque y établit la hiérarchie féodale, et les peuples des villes et des campagnes fiutïnt esclaves. Chez les Russes, les princes étant restés maîtres de villes puissantes, et les campagnes sans manoirs féodaux, les plébéiens furent protégés ; il n'y eut point d'esclavage de la glèbe , point de serfs, mai» des métayers, des hommes à gages; et dans les villes, un tribunal pour faire respecter leurs contrats.

Or, de cette liberté et de cette protection des cités, on doit concliu*e que les paysans abandonnaient sans cesse leurs champs, où ils étaient à la merci de tous les genres de guerre, pour venir se louer dans les villes et y chercher fortune; qu'alors

ces villes furent singulièrement peuplées^ sujettes à des agitations populaires, quelquefois appelées aux conseils et aux élections des princes; et que, dans les villes commerçantes surtout, la classe commerçante dut être souvent prééminente. Comment donc la liberté n'en est-elle pas résultée? car les cités furent , de tout temps ^ son berceau et son refizge.

Mais, trop séparées dans cette immense étendue, elles agissaient sans ensemble : quand on parle de la Russie, les mots de distance ^ dH étendue ^ ^e dispersion ^ reviennent toujours, et s'appliquent à tout.

D'ailleurs , le pays étant, en général , très plat, oflrait peu de ces positions de difficilie accès qui plaisent à la liberté.

Ces cités , avec le\u»s murailles de terre et de bois résineux, ne pouvaient être de^ asiles bien sûrs. Voyez -les , au treizième siècle , presque toutes brûlées par les Tatars; voyez, sous Iwan IV, les Polonais prendre toutes celles qu'ils assiègent en mettant le feu à leurs remparts. De telles villes, assez fortes contre leurs nobles, fiirent faibles devant leurs princes, et ne. purent se passer d'eux.

On sait que le grand nombre de ces princes et la rareté des villes avaient fait de chacune d'elles un apanage , et que les fidèles qui entouraient chaque prince apanage, lui formaient une garde permanente et redoutable. Le gouvernement municipal

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