CHAPITRE II
priétaires de leurs paysans. D'ailleurs^ cette institution ne put pas être transmise par les Grecs , qui ne la connaissaient point quand les Russes les imitèrent^ et encore moins par les nomades quand ceux-ci subjuguèrent la Russie.
Dire que tout alors était en désordre , c'est encore donner la raison de bien des choses.
Cependant^ quand l'intérêt particulier et public eut dressé et affermi un seul trône sur les ruines des princes apanages^ et de la haute noblesse qui les remplaça, le prince, qui avait prise sur les nobles et les villes par leurs propriétés, ne sut où atteindre ce peuple de prolétaires si dispersés ; il fiit forcé de rendre chaque propriétaire responsable des paysans qu'il employait. Mais ces propriétaires ne purent répondre de gens qui n'étaient que volontairement à leurs gages , ni les représenter quand les besoins de l'État les requéraient : on voit , au conunencement du quinzième siècle, l'administration paternelle d'un prince de Twer, attirer, dans ses États la population des principautés voisines.
Ainsi , un mouvement continuel dans le peuple empêchait d'asseoir un recrutement et des impositions sur des bases iSxes; avec une telle mobilité, la création, par Iwan III, de ces trois cent mille enfans boyards petits tenanciers, avec charge de sei^ice militaire, et la répartition de l'impôt par charrue, auraient été d'un résultat bien indéterminé.
Aussi , lorsqu'après Iwan IV, le Grand-prince se