LIVRE V. — CHAPITRE II
vit une armée régulière, et ne craignit plus les nobles , devint-il de son intérêt d'étabUrl'esclavage de la glèbe.
Des Russes instruits ajoutent que Boris Godounof , gêné dans son usurpation par ce qui restait de grandes familles, sentit que la petite noblesse, jalouse, avide, et moins réunie, serait plus souple; qu'un des moyens de ce prince pour la gagner, ftit d'assurer aux pauvres propriétaires qui la composaient , des cultivateurs que jusqu'alors les riches leur enlevaient facilement , et que ce fut là une nouvelle cause de l'asservissement à la glèbe.
On donne encore un autre motif à cette barbare institution. Les habitans du Midi ftirent toujours libres; cela, et le climat, attirèrent les paysans du Nord. 11 parait que les armées, en se retirant de Kasan et d'Astrakhan, y laissèrent beaucoup de soldats : de l'affluence dans les villes, de ces désertions ou migrations ', et du vagabondage , vinrent la dépopulation des campagnes, le brigandage et les famines. On arrêta de plus grands maux par un moindre; l'esclavage de la glèbe rendit les seigneurs responsables de leurs paysans , et ceux-ci a la culture.
• V. Weydemeyer, Karamsin, etc., etc.