‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 13 sur 359 · LIVRE I. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE IV

s'ëtant présenté devant Kief comme lin marchand de Ncyvigorod, il le» atttire dans un guét-apens fBfr ces mots : Nous sommes de la m,êm£ môè que "VOUS /^t les &it massacrer comme des usurpateurs, en leur disant : f^ous nétes ni princes y ni race de princes ^ moi y je suis prince y et voilà le fils de Bairick ! Puis il «e transporte d'admiration pour sa eonquéte ; que Kiefy s'ëcrie-t>-il , soit la mère de tontes les villes russes ! Ce qu'elle fut en effet , pendant près de trois siècles , et il en fait sa capitale , non pour s'y reposer , mais parce qu'elle est pfa» à portée de l'empire ^f^6c, objet de la convoitise des bariMires qu'il commande.

Néanmoins, il ne les conduira à ce pillage , qu'après avoir bien lié ses deux capitales par un encliamenientde oonqt^tes : c'est pourquoi il dompte ou s'attache d'abord toutes les peuplades slavonnes, &aioites, lithuaniennes , juisque4à maîtresses d'elliesmêmes, ou tributaires des Khiàns abâtardis des Kosars orientaux.

Dans cette Siavoiife, où il veut 6x^ sa puissance, il se montre mesiiré dans sa forcée ^t modéré dans les tributs qu'il iinposCw II tolère dans Kief le obribtianisme naissaht, ^t y établit solidement son pupille Igof.

Mais, son empire fbridé, il enflamme tous ces vaincue', devenus ses sujets, de raventiii^euse et féroce avidité des vainqueurs, que jusqu'alors il a su contenir. 11 se met à la tête dés uns et des au-*

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très y exalte leurs passions par les siennes^ et, les réunissant dans une horrible et même MÎf de sang, de gloire et de pillage, il franchit, à la tête de quatre-Tingt mille hommes, sur deux mille barques, les cataractes du Borysthène, désole l'empire grec par d'atroces barbaries, et, comme Mahomet, transporte par-dessus un cap sa flotte, ou, selon \sL chronique, la fait voguer sur terre et à pleines voiles , pour la remettre à flot dans le port même de Byzance ; puis il attache son bouclier à la porte de cette capitale, comme un trophée, et lui arrache un traité honteux que concluent les douze Scandinaves, Caries, Farlaf, Vérémid, Boulaf, Stemid, ^tc^ , ses envoyés, et ceux des illustres Boyards qui reconnaissaient sa puissance.

S(i g^rde varègue, qui semble être son. conseil, dont l'assentiment parait nécessaire et suffisant, en promet l'observation. Ces guerriers le jurent par leurs dieux Peijoun et Voloss , et sur leurs armes, qu'ils ont déposées par terre devant eux. Ce sont leurs boucliers, leurs anneaux, d'or, leurs épées nues, l'or et le fer, ce qu'ils aiment et honorent le plus. Alors le barbare satisfait vient rapporter son riche butin dans Kief , y jouir d'une gloire et d'une puissance incontestée , et y mourir miraculeusement comme il a vécu.

C'est donc avant tout, dans la réunion de Nov-* gorod et de Kief aux Varègues, et dans le génie de Rurick et d'Oleg, que nous apercevons les pre-

mières et principale causes d'agrandissement, Gomine de fondation , de l'empire russe.

Toutefois, sans le génie des peuples, celui des chefs eût-il pu suffire ? Voici une immense terre et une multitude de nations qù'im petit peuple guerrier semble avoir soumises tout à coup j car on peut juger de Fefïrayante disproportion des vainqueurs aux vaincus , par la composition de l'armée d'Iaroslaf , où les Varègues n'entraient que pour un quarantième. Tâchons donc de découvrir, dans les moeurs et coutumes des uns et des autres , dç nouvelles causes d'un fait si invraisemblable^

Tacite dit que les Rugiens étaient: remarquables par leur attachement à lem> cl^efe. Les Suépnes , ajoute-t-il , sont soumis à un roi absolu. Les desr cendans d'Odin régnaient, dit-on, encore en Suède en 1060, et la religion y fortifiait le despotisme. Lomonosof, d'après Weissel, Helmold et Jean de Bohême, dit qu'un des premiers princes russiens demanda le despotisme à ses peuples ; qu'ils le lui accordèrent, et qu'il y joignit le sacerdoce.

Au milieu de détails épouvantables sur la barbarie des moeurs civiles et religieuses des Russes, on remarque ce que Yahout, géographe du trei-^ zième siècle, citant Maccadezzy, voy^eur du out zième, et Akhmet, envoyé de Bagdad près les Bulr gares, en 922, disent des gardes d^s princes russes, et de km* dévoi^ment qui les portait à se sacrifier volontairement sur leurs tombeaux. Les Slaves ,

au ixmtraire^ étaient très indépendans ; il derait y avoir plus d'ensemble chez les Russes, conséquenunent plus de force ; cela seul dut les con» duire à de grandes concpiétes.

En efiet, l'attachement et la soumission des Russes à la famiUe de Rurick, est remaitjuable ; il est incontesté que le règne de ce fondateur fiit suivi de deux minorités y et que le droit seul du sang déféra les deux régences ; que la première échut à un prince ambitieux, la seccmde à une femme, et que pourtant les deux successeurs 4le Rurick montèrent paisiblement et sans contesta^ tion, sur ce trône militaire si récemment fondé.

D'après Nestm*, en 94^9 1^ ci*i de combat des didfs de guerre russes les {^us illustres, qw avaient mis à leur tête le petit-fils, encore enfant, de Rurrick, était : Mourons pournotre prince ! On vient de voir qu'il avait suffi au régent (Meg, de nom-mer et de montrer le fils de Rurick, pour faire tomber Âdkold et Dir à ses pieds, et Kief en set puissance.

Dans la guerre contre les Drewliens, la régente CHga parait encore toute puissante; c'est une guerre toute de ruse et de pwfîdie, comme il convient à une femme à qui aucune guerre ne convient : de même qu'elle seule a dirigé celle-ci , c'est die qui règle le partage de ses fruits. On sait que bientôt cette même Olga s'éloigne de ses États jusqu'à Constantinople et s'y fait chrétienne , sans que sou

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