CHAPITRE in
des Gratids-princes. Au reste, sans cet exemple de leur chef étranger, leur modèle, il aurait bien ifallu qu'ils s'y rangeassent. En Russie , l'obéissance aux fils de Rurick, aux princes du sang de saint Vladimir, était une religion presque aussi puissante que celle du Christ; ces descendans de sainte Olga, de saint Vladimir, de saint Alexandre Newsky, apôtres, fondateurs et martyrs de cette religion, en paraissaient à lexu's peuples les véritables chefs.
Enfîn^ ce n'était que comme corps, que le clergé russe aurait pu être puissant devant son Grandprince; or, les désordres intérieurs, l'étendue du pays, sa dépopulation , séparaient ses membres; de sorte que, manquant d'ensemble, il resta sans force politique.
Mais la principale raison du défaut d'ensemble de ce clergé, se trouve dans sa constitution intérieure. La religion grecque veut le mariage de ses prêtres; cela seul a suffi pour les empêcher de former, comme ailleurs, une seule et grande famille, puisque chacun en eut une à part. Ces mariages divisèrent en une foule de soins et d'intérêts partictdiers cet intérêt commun, cette ambition collective, cet esprit de corps, qui sans cela aurait été l'unique et constante occupation de tous ses membres.
De plus, ces popes, isolés et dispersés moralement, comme ils l'étaient matériellement par l'étendue du pays, avaient seuls le droit de confesser; tandis que les moines qui, célibataires.
a34 LIVRE V. — CHAPITRE III.
réunis^ et formant un corps sans mélange hétérogène^ auraient seais pu abuser de ce droit si dangereux^ en étaient privés.
Les évêques étaient, il est vrai, tous tirés des couvensy mais il y avait peud'évéchésj d'ailleurs^ dans ces temps de désordres et de guerres y dès que les monastères ne fiirent plus le seul refiige contre les Tatars, il y eut pour les grands peu d'avantage à se cloîtrer; et conune encore il fallait là quelque peu d'instruction 9 a quoi la noblesse se révisait absolument, ùe clergé, si désuni, ne fiit composé que de gens du peuple : ce qui le tint en déconsidératio .
Faut-il donc être surpris , qu'un tel clergé ait suivi l'exemple d'esclavage que lui donnait le reste de la nation, et qu'après avoir tant contribué à l'élévation du prince , il ait manqué de force pour se soutenir devant lui.