‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 15 sur 359 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Cependant ^ toutes ces considérations sont UAn de suffire; quelque redoutables que fussent ces guerriers y elles n'expliquent point assez comment leur petit^nombre put se répandre, sans se perdre, au milieu de tant d'hommes et de terres ennemies; c'est qu'aussi tout ne leur fiit pas contraire. Novgorod la grande n'a point été la seule qui appelât les Varègues; d'après une tradition russe, on sait que Kief , près d'être opprimée par les Kosars, implora Rurick , et que ce fiit alors que ce fondateur y envoya ou y laissa aller Askold.

On voit, dans la marche conquérante d'Oleg, que plusieurs des peuplades slavonnes, déjà Élites au joug novgorodien , imitèrent leur métropole. Vers 882, Oleg, en chassant les Kosars de ce qui fait aujourd'hui les gouvernemens de Vitepsk et de Tchernigof, dit aux Sévériens: /e suis V ennemi des Kosars y et non le vôtre; et il se contente d'un tribut fort léger. En 966, les Viatiches, slavons des bords de l'Ocka , invoquent contre les Kosars les secours de Swiatoslaf ; c'est ainsi que les violences des Kosars, reste des Tatars des dernières invasions asiatiques, et la terreur produite par les Petchenègues, autres Tatars avaiit-courem^s de la grande

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et dernière invasion qui deTait suivre^ soumirent aux Russes une partie des peupla(ks diavonnesicb la Russie d'Europe.

Gei» malherareusea.oontinies se trouvaient placées entre les invasions- venues. dliJkind/etr de FEfift, et tout près des deux sources de ces ëfiouvantftbles débordemens; mais les^Ruases sepréâentaient pour gouverner, les Tatars pour piller : eUes^préféràrent les Russes quand» il fitUut dioisir.

Gett« différence venait de ce que les uns, trouvant de plu» doux dimats, cherchaient à s'y établir; tandis que les autres, en trouvant de plus rudes, ne songeaient qu'a dépouiller les . habitans pour revenir dans le leur<

Puis les habitudes des piiemiers étaient fixes; celles des autres, errantes»

Enfin , suivant \xm tradition russe , des mariages sanblable&à ceux qui avaient amené là conquête, la consolidèrent* Rurick, que cette tradition nous dit être fils d'une Slavonne , époiise une Slavonne umanîenne ; son fils Igor a pour femme Olga , que le même auteur assure être issue des anciens princes slavons.

U est vrai que jusque-^Ià , si I on en juge par le traité d'Oleg avec l'empereur Léon , la fusion des deux peuples n'avait pas remonté juscfu'aux chefs; car les noms des douze envoyés d'Oleg et de ses Boyards sont tous Scandinaves ; mais dans le traité d'Igor avec le successeur de Léon , sur cinquante

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noms d'envoyés russes que porte cet acte , trois

déjà sont Slaves.

Sous la régence d'Olga slave et chrétienne , le crédit des Slaves dut encore augmenter. Il parait même que Sweneld y l'un de ses voiévodes les plus illustres , était Slave. Enfin , ce qui est très remarquable^ depuis cette princesse tous les noms des Grands -princes sont slaves. Dès-lors^ pleins du sang slavon qu'ils avaient reçu , et se voyant plus maîtres des Slaves que des indisciplinables Varègues^ ces Grands-princes donnèrent la préférence au plus riche y au plus civilisé y au plus nombreux des deux peuples, comme à sa langue et à son plus doux climat ; le choix de leur résidence et leurs premiers codes l'attestent.

Les Slaves, ainsi que les Varègues, finirent donc par regarderies descendans de Rurick, comme leurs naturels et légitimes souverains. Ces deux peuples s'unirent dans une même fidélité. La crainte d'ennemis communs y l'espoir du pillage qui les attira sous les mêmes drapeaux y et leur réunion dans la religion du Christ en 988 , firent le reste.

Cette passion de pillage fut encore une des principales causes de l'immense et précoce développement de l'empii'e russe. En ce temps-là, le mot de ralliement des nations barbares était le pillage de l'empire romain. Dès qu'un chef avait assez d'audace et de moyens pour tenter une entreprise sm^ Byzance, toutes les peuplades accouraient sous ses

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