‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 192 sur 359 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

faiiûlles. Tout noble, depuis 1 âge de^ duc juÉcpi'à trente ans , cpii se sera soustrait à une injKsription 9 dite Yolontaire , Terra ses biens confisqués au profit de son dénonciateur.

C'est ainsi qu'en .171 5, il a riolemment arraché aux moçurs barbares que leur transmettaient leurs parens, tous ces réfractaires, et qu'il les a enrôlés dans la ci^sation. Les uns ont été placés dans des écoles militaires de sa création; d'autres ont été prendre des mmirs plus douées, des habitudes et des oonnaissances nouvelles, chez les nations civilisées; beaucoup de ceux; -ci sont obligés de correspondre directement avec lui , sur ce qu'ils apprennent ; à teur retour, lui-même encore veut les ioterroga:*^ et s'ils ne rapportent aucun profit de leur voyage , la honte et le ridicule les puniront. Livrés au bouffon du czar, ils deviendront la risée de la cour, et seront assujettis aux plus vils emplois du palais; chàtimens tyranniques d'un réformateur, qui se ax)yait le pouvoir de forcer la nature , en oommeiflçaiit l'éducation à l'âge où elle doit fttiir, et en assujettissant des hommes faits, à des punitions à peme tolérables pour des enfans.

Car on ne prétend pas que cette grande vie ne fôt point parsemée de grandes erreiu's; ce qui n'est que trop concevable , puisque tout y fiit pour tous , innovation ; et qu'agissant sur une matière ingrate et rebelle , il dut tenter une foule d'essais infructueux ; il jugeait trop des autres par lui-même , ce

qui trompe le plus souvent , surtout les rois et les ^ grands hommes ; les premiers, parce qu'ils diffèrent trop des autres hommes par leur position, et les seconds par eux-mêmes.

Aussi, Manstein reproche-t-il à Pierre-le-Gmand, d'avoir prétendu transformer, par des voyages dans la civilisation , des hommes déjk faits et tout formés d'ignorance, de paresse et de barbarie. «La pluw part, a-t-il dit, n'y recueillirent que des vices. » C'est ce qui attira au réformateur cette leçon de son sage; il appelait ainsi Dolgorouki% Ce sénateur, lui déclarant obstinément et sans s'expliquer, que ces voyages de la jeunesse russe seraient inutiles, ne répondit à l'impatiente et vive dénégation du despote, qu'en pliant silencieusement l'ukase, en passant fortement l'ongle sur ce pli, et en demandant à l'autocrate d'essayer si , avec toute sa puissance, il pourrait désormais en ef&cer la trace.

Le bon sens de Pierre a , dit>on , compris la force de cet exemple ; mais il n'en veut pas moins que tous ces nobles soient forcés de sei^vir comme volontaires et à leurs frais, dans ses armées de terre et de mer. Désormais, ils n'obtiendront le grade et les appointemens d'oflGicier, et dans toutes les réunions, les égards , les distinctions de toute espèce exclusivement affectés à ce rang, qu'après l'avoir acquis par des services distingués.

Cette obligation générale de service et ce classement dans l'État et dans la société, en raison des

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