‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 198 sur 359 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Tant d'efforts étaient indispensables pour triompher à la fois du dedans et du dehors y et pour laisser après lui des bases de civilisation inébranlables ; Pierre n'a pu les établir qu'en se créant , sous la forme d'une armée , un noyau de nation nouvelle^ Avec cette armée , il doit vaincre la valeur savante des Suédois et la barbarie de ses sujets. Car ces deux luttes concordent : l'une est indispensable à l'autre.

'Voici l'une de ces rares circonstances, où la guerre, ce règne sauvage du plus fort, va devenir pour tout un grand peuple , un moyen immédiat de civilisation. En efiet , comment, sans commerce, civiliser un peuple barbare, et comment le rendre commerçant, si la mer lui est fermée ; et surtout la seule mer bordée de peuples civilisés, qui soit à sa portée. La guerre seule pouvait donc lui ouvrir cette unique voie de richesse et de perfectionnement. Mais, quel que soit son désir, Pierre ne s'y précipite point. Il ne s'est déclaré qu'en 1700, lora^ qu'if a profité des victoires d'Eugène et des Vénitiens, pour conclure avec la Turquie une paix de

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trente années; quand il est libre de toute antre guerre et son année prête; lorsque ee n'est phis qu'un roi de Suède, un prince presque enfant qu'il s'agit d'attaquer; quand enfin deux puissans voisins s'entendent avec lui , pour arracher à ce jeune roi des provinces en contact immédiat avec la Russie y séparées de la Suède et mécontentes.

Le sujet de cette^ guerre est, pour la Pologne, le reooavrement de la Livonie et de l'Estonie ; pour k DanCTomreky c^lui du Holstein et du Ses* vvick; pour la Russie^ la reprise de l'Iugrie et de la Carélie. Des deux cotés le droit est le même. On veut reprendre par la guerre un bien jadis acquis par la guerre ^ et que d^uis cent ans la guerre avait ravi.

Celle-ci semblait devoir n^occuper qu'un instant et ne coûter qu'un faiUe eâbrt ; die iut terrible et dura vingt et un ans. Là y connne ailleurs , la prévoyance d'une politk]ue kibile ftit déooneertée par W VÎ& et vigom^ux élans du génie^ Us sui^ prirent Pierr^le-Grand lui-même > par leur nature ^ qui toujours fait exception , et change tout^-<x)up l'ordre de^ lieux y des temps et des distancer

Tel que ces points dans^l'e^ce, germe de plus terribles tempêtes y mais d'abord inaperçus y imperceptibles^ Charles XU se lève tout à (XMip d'une grandeur formidable! Le nanemarck^ surpris jus-* que dans Copenhague , a succombé dès le premier eoup de ce foudre; d un second, la Russie semble

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