‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 227 sur 359 · LIVRE X. -- CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE X. -- CHAPITRE I

tantôt il ridiculisait les anciennes moeurs {mr ellesmêmes^ et tantôt ses prêtres , dont il craignait Imfluence^ ou le pape> dont il ne voulait pas qu'on le crût partisan.

L'histoire ne s'arrêtera pas davantage à critiquer^ avec le résident allemand près de sa personne^ la sauvagerie de cette célébration de noces ^ dans la-* quelle chaque jow* Ait marqué par les plus fantasques bizarreries et par les redoublemens d'une dégoûtante ivresse.

Elle passera légèrement encore sur cet enterrement de son nain^ sur ce mariage de son bouffi)n, ferces grotesques et grossières^ auxquelles sa personne et les cérémonies les plus augustes de la religion, se trouvèrent mêlées sans mesure.

Ce n'est pas même sur la violence de ses brutalités qu'elle croira devoir insister : et, en effet, que dans ses débauches , qui cependant forent moins fréquentes qu'on ne pense , il ait failli tuer ses confidens les plus intiines, et celui-là même qu'il avait chargé de réprimer ses violences; qu'ensuite, se condamnant , il se soit écrié : (( qu'il voulait réw former les autres, sans savoir se réformer lui- « même! » Que l'un d'eux, près d'être précipité dans la mer, n'ait pu arrêter son bras, déjà levé, que par ces mots : « Ton histoire le dira ! » De pareils emportemens, nés de l'ivresse, devaient-ils alors étonner ?

On ajoute, il est vrai, quun matin, s'étant

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trouvé plus tôt que les sénateurs dans la salle consacrée k leurs délibérations , il les roua tous de coups , à l'exception du plus âgé, a mesure qu'ils y-arrivaient. On dit, même, que, parfois encore, se méprenant dans ces brutalités , il trouvait simple de dire à $ef ministres , qu'il avait battus sans motif, comme dans une semblable circonstance à son esclave noir, qu'il leur tiendrait compte de cette erreur, à la première occasion où ils mériteraient un pareil châtiment ; et, qu'en effet , il tint parole aux uns , comme à l'autre.

Tout cela n'est que trop confirmé : mais quand il serait encore vrai qu'il eût journeUement , et en public, souffleté ou frappé de sa canne ses principaux officiers, pour des fautes légères, conune pottr les plus graves , sans presque dbconiinuer ses conversations avec ces grands personnages , et sans croire les avoir dégradés à leurs yeux et aux yeux des autres !....

De si grossières violences s'expliquent encore : elles s'excusent même dans un pays qui, d^uis plusieurs siècles^, ne connaissait plus d'autre soumission que celle de l'esclavage.

Là , les chàtimens infligés de la propre main du prince, semblaient presqu'une distinction; cela supposant une espèce d'intimité, une vassalité directe; ou , conune le mot resté en usage l'indiquait, la correction d'un père. — Tant chacun se regardait devant le Tzar, comme dans un état de mi-

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