CHAPITRE I. 4i
uoTÎté , d enfance même;- et tant il y avait cte lui à ses sujets non seulement la distance, du maître à l'esclave ^ mais celle d'un homme dans l'âge de la raison à celle d êtres encore privés de la leur*
Tous étaient devant lui sans libre arbitre : il était leur destin vivant et irrévocable I
Toutefois , et surtout depuis l'iïsurpatîon de Go- (k>uiiof , les Russes s'étaient faits à la possibilité de conspirer; mais tant cpi'ils obéissaient^ c'était ainsi : on ne connaissait point là d'autre façon de comman-» der et d'obéir.
Geu^ même de leurs ambassadei:irs qu'une Ion*gue suite d'années, passées dans la civilisation, ve-^ nait de poHr, en rentrant dans une atmo^hère sa Caisse d'esdavagey d'immoralité et de barbarie^ étaient forcés d'y refeire leurs yeux et leur coeur, pour s'y conduire. Us y otd>liaient bientôt ce qu'ils avaient appris.
Était -il dohc étonnant que cette puissance de moeurs, si brutales, si invétérées, eût agi sur le réformateur lui-même , surtout , quand pour instruire ces peuples et s'en faire entendre, il avait fallu que, sans cesse en contact avec eux, il leur parlât sans cesse leur grossier langage ; et qu'enfin, pour les arracher à leurs ténèbres, la crainte étant leur seul côté accessible , il les saisit par cette seule prise.
Mais qu'on l'écoute lui-même, lorsque, dans plusieurs circonstances, il s'écrie devant les siens :
4i4 LIVRE X. — CHAPITRE I.
ir Faites la gaerre aux animaux sauvages y ce plai- (t sir vous convient ; pour moi , je ne saurais m acr muser à oela^ tant que j'en aurai autant à corn- « battre dans mes sujets opiniâtres et indociles.... (c C^est un troupeau de bétes que j'ai habillées en (c hommes; je désespère souvent de vaincre leur « opiniâtreté, et d'arracher leur méchanceté de
u leurs coeurs Qu'on ne me peigne donc pius
(t comme un tyran cruel , sans connaître ce que les « circonstances m'ont commandé : combien de gens « se sont opposés à mes desseins , ont fait échouer i< mes projets les plus utiles pour la patrie ! et m'ont « forcé à la plus grande sévérité ! Je recherchais ce leur assistance et leur patriotisme : ceux qui i( m'ont compris et secondé, et qui furent les plus ce utiles à mes peuples, je les ai comblés de bienw faits : ils ont été mes seuls favoris ! »
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