CHAPITRE IL
(^'iL soit dox>c permis à l'histoire ^ de ne point «'étonner de la grossièreté de moeurs de l'un de ses {Jussgrands personnages.
Au reste, quelque pénible qu'il soit de passer de l'amour à la haine , c'est l'une des conditions de l'historiai d'avoir à admirer et à haïr tom' à tour, dans un même homme. Ëh ! pom*quoi s'étonnerait* on plus de le voir exciter, tantôt notre enthousiasme, et tantôt notre indignation , que de le savoir composé de corps jet d'ame; c'est-à-dire , de vie et de mort^ d'éternité et de corruption.
Croit-on, parce que l'hiatorien s'est plu à se livrer à l'un ^ de ces sentimens, qu'A ne saura plus parler le langage de l'autre?
On a trop k>ng-^tèmps cru la frmdeur seule impartiale : grâjces au ciel , bien loin de défendre l'admiration, l'histoire des hommes l'inspire quelquefois; dèfr-lors, pourquoi voudrait-on étoufier ses aocens d'enthousiasme? C'est la vérité qu'on lui d^nande, et quand cette vérité est de feu, est-ce do0c avec la glace d'une froide impassibilité, qu'on en fera sentir les flammes? Non! puisqu'eUe doit tout peindre , toutes les couleurs lui sont néces-
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saires; puisqu'elle doit tout dire, tous Im langages lui conviennent; cebii de l'enthousiasme o(mime celui de l'indignation. C'est alors qu'elle remplira son objet y celui de décrire , de peindre , non la yérîté morte, mais la vérité toute vivante, toute colorée , avec ses passions , ses fougues , ses nudités révoltantes ou enchanteresses; et€o«tes les impressions qu'elle dût donner k ceux de ses contemporains, dont les yeux forent dairvoyans , les esprits droits et les coeui^ purs.
Laissons donc les contemporains de Pierre- le^ Grand, élever leur cri d amour ou de haine; que l'histoire les recueille tous deux, et que la postérité décide. Un homme , despote par droit de T^issance, se levant tout à <xmp seul au milieu dbs ténèlvres, aperçoit la lumière ! Il y marche, il y traîne des peuples entiers, poussant comme le sort, au travers de leurs cris d'admiration ou de douleur, vers , ce but, que lui seul aperçoit, et dont rien ne le détourne !
Écoutons ces deux grandes clameurs qui traverseisont les siècles : l'une, barbare, mais plaintive, ne devrait pas sans doute l'accuser de cette triple et brutale ivresse de vin , de colère et de pcMUVoir , résultat de ces mœurs grossières dont elle réclamait la durée. Cependant elle lui reproche cette tyrannie qui bouleverse, qui viole les usages, les ocmtumes les plus invétérées, et contraint tout à coup à en adopter de nouvelles; cette prodigalité des