‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 241 sur 359 · LIVRE X. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE X. — CHAPITRE VII

fortetesse. Là, chaque jour, chaque nuit, un père absolu , violant la foi jurée , tous les sentimens y toutes • les lois de la nature ^ et celles que luimême a données à son empiré % ^'aimè contre uii fils trop confiant, d'une inquisition^ politique égalé en insidieuse atrocité, à l'inquisition religieuse; Il torture l'esprit pusillanime de cet iriforttiné par toutes les peurs du cidi et de la terre; il le contidffit à dénoncer amis, pàrens, jusqu'à sa mère; enfin, à s'accuser, à se rendre indigne de vivre, et à se condamner lui-même à mort sous peiiié de mort, . ^

Ce long crime dure c»nq mois. Il a ses redoublemens. Dans les deux premiers, l'exil et le dépouillement de {^usieurs grands , Texhérédation d'un fils, l'emprisonnement d'une sœur, la réclixsion, la flagellation de sa première femme, le supplice d'un beau-frère, ne suffisent point.

Pourtant, dans une même journée, debof, un général rû^e, amant av^éréde la Tzarine répudiée, vient d'être empalé au milieu d'un échafaud dont les têtes d un évêqué, d'un boyard et de deux dignitaires, roués et décapités', marquent les quatre coins '. Cet horrible échafaud est lui-même entouré' d'un cercle de troncs d'arbres, sur lesquels plus de

■ 1^. dans son Code ou Concordance des Lois, au chap. VI, les art* I, 2, 6 et 8, etc.

• Bruce.

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cinquante prêtre» et autres citoyens ont eu la tête tranchée.

. Vengeance effroyable contre ceux dont • les in^ trigues et rol>stin9tion superstitieuse, jetaient ce cœur inflexible . dJani» la nécessité de sacrifier son ^s à son empire I Punition cent fois plus ooùpàhle que 1^ faute; car^ pour tant d'atrocités, quel motif peut être une excuse? Mais il semble que^ poussé par cet instinct soupçonneux des gouVernemeiis contre nature, Pierre se soit obstiné à chercher et Il trouver une cçnspiration, où il n'existait qu'une inerte opposition de moeurs, qui espérait et atten-^ dait sa iport pour éclater.

Et pourtant cette horrible boucherie a trouvé des flatteurs ! Le vainqueur de Pultawa s'en est luimême enorgueilli comme d'une victoire. « Quand (c le feu, ?i-t-il dit, rencontre la paille, il la con- (( sume; mais s'il rencontre du fer, il faut qu'il (( ^'éteigne, » Puis;, il s'est promené froidement au ipilieu de ces supplices^ On dit même que, poussé par une inquiète féro^té, il est venu jusque sur son éçhafaud, interroger encore l'agonie de Glebof, et que celui-ci, lui faisant signe d'approcher de son supplice, lui a craché au visage.

Moscou elle-même e^t prisonnière; en sortir sans son aveu est un crime capital : ses citoyens ont ordre, sous peine de mprt, d'être réciproquement leurs espions et leurs délateurs.

Cependant, la principale victime est restée irem-

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