LIVRE XL — CHAPITRE IV
Mais quelle époque , plus que cette pabt de Ny&tadt, peut montrer les mouveniens d'un cœur trop grand pour n'être pas généreux, et trop géné|*^u( pour avoir été insensible. Aussi , disent*ils que, si dans les cruels la joie est féroce , il n'était pas ioé cruel ce prince qui , le jour de cette paps: glorieuse^ ouvrit toutes les prisons de se9 États, et remit tous les impots arriérés, voulant Im bonheur universel pour un triomphe aussi national.
Et ils rappellent qu'à Pultawa, dans Narva et Riga, que dans toutes ses victoires, il fut doux à des vaincus qui n'avaient pas toujours été généreux. Us ajoutent que si , dans son triomphe sur Erens* child , il montra aux siens cet amiral vaincu , ce ne fut point en humiliant son ennemi captif, comme ces Romains dans leur païepne et fausse civilisation ; ce fat en s'écriant : f^ous voyez, ici un braire et fidèle guerrier ^ digne ^ par sa valeur et s^s exploits^ des plus hautes récompenses et de toiktei notre considération.
C'est alors que, se retournant vers ses sujets, il leur a tenu ce discours déjà cité, sur la marche de la civilisation, sortant jadis de la Grèce, et y revenant par la Russie , après avoir fait le tour de l'Europe ; car voilà la pensée constante de leur régénérateur. Tous leurs souvenirs l'indiquept, et surtout celui de cet autre triomphe, doiit il £iut encore permettre à leur reconnaissance de nous rappeler la mémoire.
LIVKE XI.
En même temps, ont-ils écrit, que leur maître ravalait au vil état de serviteurs de son bouffon, ceux de ses nobles qui refusaient de s'instruire pour le service de l'État, ils l'ont vu, lui qui haïssait le faste et les pompes cérémonieuses des cours, se revêtir un jour de ses habits les plus magnifiques, monter sur le plus beau de ses chars , et se faire conduire ainsi , k plusieurs werstes de sa nouvelle capitale, au-devant de ses ambassadeurs Golofkin et Dolgorouky ; et ils disent qu'aussitôt qu'il les aperçut , il se précipita , qu'il les serra contre son sein , qu'il leur fit prendre dans sa propre voiture la place d'honneur, et ramena en triomphe dans Pétersbourg ces deux Russes civilisés. Alors, élevant la voix , il déclare à ses sujets étonnés : Quil ne remplissait que son de^foir en recelant cwec tant d^honneurs les trésors du sawir et des bonnes mœursy que ces illustres Russes étaient allés recueillir chez les Européens ^ et qu'ils rapportaient dans leur pairie.
Voilà comme il s'applique sans cesse à attirer les talens du dehors; comme il sait les faire naître chez lui, et les y multiplier sans jamais les craindre, son mérite aimant à se retrouver dans celui des . autres. C'est pourquoi son génie se plaît à correspondre avec celui du grand Leibnitz, qu'il consulte, s'honorant de la pension considérable et des titres de noblesse qu'il lui envoie. '
' F. Fontenelle.