‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 261 sur 359 · CHAPITRE VI. 48S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 48S

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C'est alors enfin que ce génie du despotisme, tout rempli des souvenirs de cse seizième siècle, généralement si despotique , les apporte au travers des boulerersemens de l'interrègne jusque dans sa propre dynastie. Il voit son aïeul Mikhaïl, le premier des Romanof ^ s'eflbrcer de remettre en vigueur les Codes des fils de Rurick. 11 contemple le règne suivant , et , soit respect pour un père , soit préoccupation étrangère , le réfiarmateur s'arrête • devant le Code encore debout d'Alexis , qu'il maintient en vigueur.

Mais , bientôt • le sage Dolgorouky l'excite par l'exemple : ce fidèle ministre lui montre cet Alexis, immc^tel dans l'histoire, depuis qu'en i65o il a appelé les notables russes de toutes les classes à la confection d'un nouveau Code * . « Son maître reste tera^^t^l an^ssous de ce prince, déjà moins il^ « lustre guerrier que son fils, mais plus grand « encore comme législateur ? pourquoi Pierre-le--' (i Grand s'en tienidrait*il à ce troisième Code russe? « Quel que supérieur quHl soit aux réglemens an-^ « térieurs, n'est-ce point encore une rédaction mi- « nutieuse et confuse de ces vieilles coutumes mos- (4 covites, que lui-même a, dès ses premiers pas, (f renversées sans ménagement ? » Enfin ^ ajoute

* F, Leclerc.

* VOulagenie,

Dolgoronky y juéquâ ce jour y d autres soins ont pu te distraire; mais tu dois la justice àtes peuples. Tzar y je iaj^ertis quil est temps que tu y penses !

Ce ministre n'a point parle en vain; on a vu Pierre le serrer contre son cœur reconnaissant. Mais 9 d'une part 9 le temps manquait; de l'autre, les lois d'Alexis convenaient au pouvoir absolu : Pierre devait à son père cet ukase, par lequel toute famille noble est responsable du crime de l'un de ses membres. Quelques uns même ont dit qu'il lui dut encore l'institution de cette chancellerie secrète; inquisition politique trop semblable aux inquisitions d'Espagne ou de Venise. *

Toutefois, il a compris que cçt oulagenié d'Alexis, reste des temps barbares, ne convenait plus à sa Russie nouvelle. C'est pourquoi, dès 1710, Pierre a projeté des Codes, civil, criminel, militaire et maritime. On le vit alors tracer de sa main des extraits des meilleurs législations de l'Europe.

Mais, dans une ignorance si universelle, dans un si grand mouvement d'hommes, d'événemens, et au milieu du mélange, du remuement de tant de mœurs, de coutumes et d'institutions anciennes et nouvelles, ce n'était que peu à peu que les inconvéniens et les nécessités pouvaient s'apercevoir; il Ëdlait donc y pourvoir au moyen des' règles établies, qu'il rectifiait ou suppléait chaque jour, par ce

' Tatistchef, Schloszer, Levesque. B est vrai que l'ukase de 1762, de Catherine U, l'attribue à Pierr»-le-Grand lui-même.

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