‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 265 sur 359 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Pierke-le-Grand vient de déclarer que l'anxiée russe > depuis son origine jusqu'au dix-septième siècle 9 avait à peine fait quelques progrès dans l'art de la guerre. U faut l'en croire* Quel autre regard eût pu embrasser tant de siècles! Placé entre les deux âges de son peuple , quel autre que ce réformateur, en qui se réunissent la fin de la barbarie et le commencement de la civilisation russe , pouvait mieui: apercevoir, au travers de la poussière des chroniques nationales, recueillies par ses soins, la marché progressive ou rétrograde des armées des Rurick et des Romanof, par rapport à leur perfectionnement ?

^tdvons le fondateur dans cette inunense révue^ Et tl'abord, en quoi l'armée de Swiatoslaf, ces terribles Varègues, ces conquérans de la Russie, ces gardes des premiers des Rurick, réunion hiérarchique de boyards ou guerriers illustres , d'en- £ins boyards d'élite, de pages d'arpies et de porteglaives, durent-ils lui paraître inférieurs aux armées de ses derniers ancêtres? A ces éléi^iens des JMremières armées russes, s'ajoutait, il est vrai, une foule de volontaires à pied et k cheval , attirés par l'amour de la gloire, la soif du pillage, et par

la yoix des chefs : mais y de cette foule organisée par milliers^ centaines et dizaines d'hommes^ ou des régimens provinciaux et si indisciplinés d' Alexis, à qui donner la préférence ?

Quant aux moeurs guerrières de ces deux âges, comment le conquérant du dix ^huitième siècle n'aurhit^il pas exdnnTement admiré celles de œs armées du dixième isîècle, dont Félite étak scan^ dinfive? Combien il dut se plaire à remarquer leurs jeuic militaires, leur marche en bataillons serrés, leurs manœuvres' régulières, et ces camps si bien retranchés, et cet usage singulier d'enregistré, dès la fin des combats , les noms des braves et des lâches I Enfin, cette fi^té superstitieuse et san^ vage qui portait ces guerriers, près de succomber, à se tuer eux*-mémes, pour n'être esclaves de leurs vainqueurs ni dans ce mcmde^, ni dans l'autre.

L'introduction de la poudre en Russie datant de 1 589, Jes armes d'alors étaient inférieures, sans doute, à celles des Iwan. Pourtant ce forent pour les riches des armures complètes, telles queceUes de nos chevaliers; qu2»it aux autres, c'était tout ce qui se trouvait sous leurs mains, jusqu'à des massues de bois, comme 5 au reste, on en voyait encore dans le commencement du dix-septième siècle. -

Mais^ bientôt le regard du râTormateur dut se perdre dans une confusion efiroyable : le dixième 3ièole finit, et, dès«-lors, commencent les guerres

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