‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 271 sur 359 · CHAPITRE I. 5o · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 5o

juste et serré; la pensée grande; ils embrassent le monde ; ils indiquent la plupart des conquêtes de toute nature que la Russie a faites depuis lui y et d'autres même, auxquelles n'a point encore osé aspirer le génie audacieux de cet empire.

Et cependant, tel que Charlemagne et Napoléon (ces deux colosses si dominateurs, qu'entre eux dix sièdes d'histoire semblent resserrés), ce génie de l'ensemible se jdait à s'occuper des moindres détails; comme eux, on le voit à cinq cents lieues de chez lui, et au milieu du mouvement qu'il imprimait au monde entier, s'intéresser, dans ses lettres, aux plus minutieuses parties de ses jardins ou à l'ameublCToent de sa maison!

Telles sont ses habitudes intérieures; quant à celles du dehors, s'ilsort, c'est le plus souvent à pied ou en voiture de place, empruntant quelquefois au premier passant l'argent nécessaire pour la payer. U passe journellement plusieurs heures au sénat, et stutout à l'amirauté; puis, toujours suivi, comme le grand Frédéric, d'un chien favori , il va se mêler, seul et sans gardes, à son peuple : recherchant de préférence les marchands et les marins russes et étrangers, les Hollandais surtout, dont ses vétemens le distinguent à peine. Là, il partage sans façon, leurs occupations, leurs plaisirs, leurs entretiens : les questionnant sans cesse, et s'instruisant par leurs réponses.

Que de fois on l'a vu travailler de ses mains

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dans le» manufactures cpi'il a fondées! On scitt

(jue souyent il s'est ofiert pour guider les yalasefliux

européens qui se présentaient devauil Cronstadt^

se faisant payer, comme à un^ autre [nlâle^ le priic

d'un métier dont il s'honore ^ et qu'il yeut rendre

honoraUe.

Voilà comme encore, forc^ par sa santé de s^arrêter près d'une forge, il y est pour quelques heures deyenu forgeron. Et qu^oD ne yoie en cela rien de puéril, car en lui tout, jusqu'à la plupart de ses moindres actions , tend à un grand but. C'est pourquoi y à son retour daiis Moscou, il se pré^ sente chez le maître de cette usine, il lui demande quel est le prix de son travail : Eh bien! 8^4^ repris, y ai donc grogné chez toi huit altinér (vingtquatre sous), et je viens lès chercher. Puisr, les ayant reçus ^ il ajoute , qucu^c cette smrmte il va se donner une chaussure nou^lle^ dont il a grand besoin. Ce qui était rrai; el il court au marché £siire cette emplette , dont il se jbit ensuite à se parer. P^oici ce, que foi gagné à la suevràe mon front y disait-il à ceux de sa cour, s'enoi^gneiBisSBfnt ainsi des fruits de son travail, aux yeux d'«me noblesse qu'il voulait guérir de l'orientale et d^ gueilleuse paresse dofi^ elle était imbue.

On s'attend bien à ce qu'un tel prinee, si eon-^ traire à toutes les vanités ààs fiers iwan , ses prédécesseurs , ait dédaigné la ÊicHueuse étiquette de leurs cérémonies diplomatiques; aussi, l'a-t-on vu

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