‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 273 sur 359 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Mais dans une âme si ardente ^ et liTrée à taus les enivremens^ combien les premiers mouvemens durent être terribles! Oii en a tu quelques exemples : ses médecins qu'alors il envoyait aux victimes de ses violences , les soins qu'il leur rendait luimême^ son repentir, surtout quand ses emportemens étaient nés de l'erreur ou de l'ivresse, ne suffirent pas toujours. Ils forent inutiles à un arrchitecte français injustement frappé par lui, et qui ne put survivre à cet afiront.

Et pourtant, dans là vie habituelle de ce maître si fougueux , on s'étonna de sa complaisante patience pour tous les projets formés dans un but utile. On sait avec quelle attention il en faisait faire sous ses yeux Tèxpériencej avec quelle bonté il en récompensait les auteurs, souvent même lorsqu'ils s'étaient trompés. Il voulait, disait-il, les encourager dans la recherche du mieux, et s'efS>rçait de les y diriger, en leur démontrant avec une douce bienveillance les causes de leur erreur.

C'était avec une suite pareille, si ce n'est avec la même douceur , que , chez ses filles , ou dans les palais du fastueux Mentzikof , il mettait en vigueur, par l'exemple, son règlement de société.

5o8 LIVRE XII.

Singulier code , par lequel il rétablit sur des bases nouvelles 9 la société^ qu'ayaiefnt dissoute les tyrans de la première race.

Dans ces réunions^ où la yéritë frappait souvent sou oreille sans l'irriter^ il s'indignait surtout contre oette perfide médisance^ ressource des esprits vides^ et de ces coupables amours -pit^res qui veulent briller à tout prix; vil talent de ces flatteurs de CQur y plus détestables encore. On raconte même qu'un jour 9 l'un des siens , se livrant à ce vice honteux , il l'interrompit par ces mots d'mie simple et antique beauté : Eh quoi! n'a^^-tu donc pas remarqué dans cet homme darA tu médis ^ qud^te chose de bien^ et ne saurcdp4u nous en entretenir?

C'était encore ce même chef^ si entier^ si absolu, et dont le code militaire fut ai tetrible, qui se montrait, hors du commandement, l'égal de ses moindres soldats. Il acceptait leurs invitattons comme celles des plus grandie seigneurs de sa cour, ne rebutant personne^ tenant ^ a dit sa ^e y tous les enfans quon voulait. Là , sans éprôuvar^ sans inspirer de géne^ assis^ k leurs pauvres festins, il paraissait phis content qu'aux fiStes les phis brillantes i puis y selon les propres paroles de l'impératrice Elisabeth, un baiser à VoMOuchée^ et un ducat soûs son che^t, c'était tout y et Von était content.

Un souverain de mœurs si populaires n'était plus un de ces dieux terrestres , comme les histo-

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