CHAPiTRE II. Sog
xwos nationaux aj^lient leurs anciens tKar»^ qmmà lis racontent que^ bi^i loin de se mél^ familière-* ment à leurs sujets y ces despotes de mœurs tatares les terrifiaiait de leur rare et redoutable présence. U semble y au contraire^ que y trop grand pour ne pas mépriser cette orgueilleuse invisibilité^ Pierre ait plutôt rappelé à ses contemporains les demi*dieux des temps héroïques , inventeurs des arts , et dcmiptant les mmistres^ c'est-^tnlire la barbarie.
£^ réellement , comme ces rudes héros y se con^ fiant en sa taille colossale et dans sa vigueur presque ^imaturdle^ on l'a vu parcourir seul, mais avec un biien phïs grand but, les contrées les plus sauvagfô. €omme ^k encore, il a combattu et dompté les Wigands qu'il y a rencontrés; cm bien, tel que César, cet autre grand homme divinisé, il a racheté de leurs mains sa vie et sa liberté.
C'est ainsi qu'un jour, sur une route déserte, îi se trouve inopinénkent aux prises avec huit seélérats, dont le chariot arrête le sien :: mais le héros, d'une main vigoureuse, en saisit un aux cheveux , l'armche du milieu de cette trot^ , l'a»*^ traîne jusque dans un lieu sàr, et le 'Ëaaroe de dé^ noncer le repaire de ses complices.
Dans ui^e autre circonstance,, surpris par une bande plus nombreuse, on le vit l'épée d'une main, le pistolet de Fautre, la maintenir loin de lui. II s'écriait : Je suis le Tzar; que me demandezr^ous? Mais , ce jom^-là , il fut forcé de capituler : il resta
Sic LIYRS XIL
même au pouToir de ces brigands ^ josqa'à ce que la rançon qu'ils exigeaient, et que l'un d'^ix alla toucher a la Tille voisine, sur un ordre qu'il lui fallut rerétir de sa signature, leur eût été comptée.
Ces brigands^ maîtres des nmtes en jdein jour, s'emparaient des villes, et -de Moscou même, dès le coucher du soleil '. Il y eut des semaines où l'on ramassa dans les rues de cette capitale, jusqu'à soixante habitans assassinés. On Ait obligé d'y dres*. ser des barricades. Le farouche Romodanowsky vainquit ces scélérats en les surpassant en cruauté : il les fit traquer comme des bétes fauves ; puis il les jugea à sa manière, en un instant, d'un mot, sans appel, toujours à mort, et sans jamais faire grâce. Il en faisait accrocher tout vivans par les côtes, à des crochets de fer, deux cents à la fois, et les laissait expirer ainsi , dans d'horribles douleurs , sur le bord des grands chemins^
Ce débordement de criminels avait sa source dans la rigueur des impots, des corvées, du reci*utement; dans la sourde opposition des seigneurs et des prêtres; enfin, dans un mécontentement général. Car Pieri?e-le-Grand, heureux au-dehors, fut malheureux au-dedans; eflet naturel d'une vie où: le présent fiit toujours sacrifié à l'avenir, jet les intérêts privés aux intérêts généraux*
Il fut heureux par la gloire, par les conquêtes,
' y. le Résident étranger.