‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 275 sur 359 · CHAPITRE II. Su · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. Su

par le succès de ses grandes Tues d'industrie, d'ordre et de commerce; et malheureux dans l'intërieur de son empire, et jusqu'au sein de sa famille, par l'opiniâtre opposition , par l'animadyersion de ses sujets et de ses proches , ou par leurs yices.

Aussi, dans cet intérieur impérial, comme dans bien des intérieurs privés, n'eut^il de consolation que par ses filles; soit que la difiërence des sexes, leur penchant réciproque , la position si naturellement soumise de l'un à l'égard de l'autre, établisse entre des filles et un père des rapports plus doux; soit que, par une loi de nature, que quelques observateurs, ou profonds, ou seulement ingénieux, croient avoir reconnue, l'esprit et le caractère, ainsi que la figure d'un être, de quelque espèce qu'il soit, tiennent le plus souvent de celui de ses deux auteurs dont son sexe diffère.

Quoi qu'il en puisse être, il est certain que, bien difiërentes du fils de Pierre -le -Grand, ses filles, Anne et Elisabeth, furent dociles à toutes les inspirations de leur père. La princesse Anne surtout, belle et majestueuse comme «on père, avait son jugement vif et prompt , son caractère ferme et décidé, et son intrépide présence d'esprit, mais sans sa rudesse sauvage; l'éducation avait tout adouci en elle; lui-même l'avait dirigée. Elle et sa sœur savaient quatre langues étrangères. Quand leur cour était rassemblée chez la princesse Natalie leur tante, auteur elle-même de la pre-

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mière pièce du théâtre russe, cm se croyait^ par les yeux surtout, a dit un ministre étranger^ dans une société de Londres ou de Paris.

Ce tssar, si terrible pour son fils rebelle à la civilisation , venait <^que jour chez ce^princesses leur demander compte de leurs études* Quand elles avaient augmenté leurs connaissances, il les baisait au front j les récompensait de sa main , s'écriant qu'elles étaient bien heureuses; qu'il enviait leur éducôUion; qu'il donnerait Vun de ses doigts pour ^n açoir reçu une pareillel €ar il vécut doucemetit avec ses filles, ce père dont elles se plurent depuis à rappofter tant de traits de bonté, et dont la jeune Natalie , qui ne lui survécut que de quelques jours, ne put, dft-on, supporter la perte.

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