‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 277 sur 359 · CHAPITRE III. • 5i · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. • 5i

litë; tant le germe du mal est fêocttld^ et tàlit, en dépit des maximes relâchées du monde ^ peut être longue et cruelle la génération d'une seule faute !

Observation de plus en plus effrayante y q[uand après tant de fruits amers y lès plus cruels cpie jamais faute de cette nature ait pu produire , on remarque que pourtant ce gertiie êi funeste n'était point encore épuisé. £ii effet ^ après yingt-cincf ans^ et par ime suite naturelle de ce coupable attache^ ment , le frère d'Anne de Moëns se trouve rappro^ ché du Tzar^ et le chambellan de Catherine ; c'est par lui que la punition sera consommée i que l'adultère sera puni par l'adultère, et que la seconde épouse de PieiTC sacrifiera ce prince, au frère de celle à qui il a sacrifié la première^

Le coup lui sera d'autant plus sensible^ que c'est a l'instant où il aura mis le comble à ses bienfaits^ qu'il sera trahi. Et par qui? par cette servante livonienne mariée, en 1702 , à un dragon suédois; le même jour, esclave d'un général russe^ et bientôt de Mentzikof. En lyoS , maîtresse cachée du Tzar; sa maîtresse avouée en i yoS : dont il a fait^ en 1 707, son épouse sécrète , et sa^ fenune déclarée en 1 7 1 1 • Enfin, potir laquelle, eti 1714^ il créa Tordre de Sainte- Catherine, eh mémoire de cette journée du Pruth, où, selon l'aveu de ce prince reconnaissant, Catherine agit non éri femme ^ m.ais en homme.

5i6 LIVRE XII.

C'est pour. elle enooi^y qu'en 17 ai, il a renversé l'ordre de succession directe, auquel la Russie devait son aÛranchissement du joug tatar; il y a substitué, sous une forme légale, le droit pour le tzar, de se choisir son successeur, de révoquer son choix et d'en faire un nouveau ; droit renfermé, comme tous les autres, dans l'autocratie, et que n'ignorait point Iwan III, quand, deux cent vingtH}uatre ans plus tôt, en 149a, il écrivait aux Pakowiens : Ne suis^je doncpcis libre d'agir comme il me plaU? je donnerai la Russie à qui bon m^ semblera^ et je vous ordonne d'obéir.

Mais écoutons le grand homme lui-même, quand il déclare : que VopirUàire rébellion d Alexis, ne pommant être moiii^ée que sur le droit imprescriptible que ce prince , possédé de la méchanceté d'Absalon, croyait OJ^oir cm trône y il est indispensable de donner au souverain, sur son fils , , la même puissance qua le particulier sur ses en-fans. Puis il cite la femme d'Isaac , et surtout cet l'wan m, qui réunit en un seul corps, les mem-^ bres épars de la patrie; et qui, dans la crainte de voir détruire son ouvrage par ses descendons, deshérita l'un, choisit Vautre, et reprit ensuite le premier, suiçant son bon plaisir^ et sans OMçir égard au droit de primogéniture!

C'était en 1732 que Pierre-le-Grand parlait ainsi, quand il ne lui lestait que des filles, et quand un fils de cet Alexis existait encore. En pro*

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