‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 284 sur 359 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

sénat à ses orért» ; ii aort enfin de cette nature morte ^ aujoiml'hui si %pimée par ce dernier soufile d'une si grande via.

Une même nrdenr le pousse jusqu'au fond du laq Umen^ puis aux salines de Staraïa-Roussa. Il r^ Tient enfin yers Pétersbourg; mais^ entraîiié par son destin y qui Ta le rendre victime de cette humor nité par lui tr<^ souyent outrcigée, il passe sans s'arrêter jusqu'm Finlande; il veut y visiter s^ forges y eiSn y avoir tout revu : IIl^n^&ctures d'armes, établissemens de commerce , d'arts, de scii^oes, d'où virulent la prospérité des nations, et les gloires de la paix, et celles de la guerre.

Le 5 noyembre, il aborde dan^ le port d^ Lachta. Le temps était obscur, l'air vif et fr^id, la mer agitée, houleuse-, ^tigante; mais, enfin, le Tzar avait pris terre. Il touchait à l'abri qui lui était préparé, lorsqpie, jetant encore sur ce havre un de ces coups d'oeil curieux et perçàns auxquels rien n'échappait, une chaloupe échouée sur ui^ bas-fond, et toute chargée de sokkts et de matelots, fra{^ ses regards. Il voit que l'eflroi a troublé ces malheureux; et d'abord, se rapprochant du rivage, il leur crie les manoeuvres nécessaires pour les sauver; mais sa voix, que couvrent les clameurs de ces hommes éperdus et le bruit et la fureur des vagues, s'épuise vainement. Ceux qu'il envoie les secourir, craignant pour leur propre vie, font d'injfructueux e£R>rts. Alors, oubliant tout ee qu'il coiwt de dan-

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ger^ il se décide tout à coup, s'embarque lui-même ; et, ne pouvant atteindre l'écueil avec son esquif, il se jette dans la mer, gagne la chaloupe engravée, et sauve ces infortimés, qu'il ramène au rivage, où il leur fait prodiguer les plus tendres ^oins.

Mais c'est au milieu de cette même nuit, et pendant que Pierre -le -Grand se livre au plaisir d'une belle action, que son mal reparait; tme fièvre ardente lui brûle le sang ; la dysurie et toutes ses anciennes soufirances se ressaisissent des plus sensibles parties de son corps. On le rapporte à Pétèrsbourg. Là, vivant toujours pour sa patrie plus que pour lui-même , pendant que ses médecins, efirayés, prévoient une horrible inflanunation et ses mortels résultats , il ne suspend point ses travaux ; son âme , plus forte que tant de poignantes douleurs, veille toujours sur son empire; et quand il ne semble plus tenir à cette terre que par des maux, près de quitter ce monde, il tente encore d'en donner un nouveau à la Rifôsie.

C'est alors'que Behring a reçu de sa propre main, ces secondes instructions qui doivent étendre jusqu'à l'Amérique cet empire des Russes, que leur Tzar n'a cessé d'agrandir, bien plus par les conquêtes du commerce et des arts que par celles de la guerre. Pendant deux mois encore , une foule d'autres instructions et de réglemens attestent sa constante sollicitude pour le bien-être de ses peuples. Il fait plus : ce règne par ordonnances, et de

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