CHAPITRE III
certaine. Mais bientôt le Kaptchak^ ou la horde dorée, se rendit indépendante du khan mongol, et ce ne fiit plus qu'a Saraï que les princes russes durent aller demander la couronne.
D'autre part, presqu'à la même époque, et dans le Kaptchak même, ainsi détaché du grand empire mongol, il venait de se faire un autre démembrement. Nogai, l'un de ses guerriers, conquérant du nord de la mer Noire, s'était rendu indépendant. Dès 1262 ou 1266, sa révolte contre la horde dorée donnant aux Russes quelque espoir d'affranchissement, ils massacrèrent les Tatars établis chez eux. Bientôt même, en 1281 , un Grand-prince, Dmîtry, opposa ces Nogais aux Kaptchaks, et se rétablit par leur influence.
Toutefois, ces commencemens de divisions chez les conquérans ne les afiàiblissaient qu'aux dépens de la Russie , qui servait de champ à lexu's. batailles et de prix à leurs victoires.
Mais ce qui surprend, c'est qu'il existât encore un Grand-prince à cette époque. En même temps que Bâti et Bourgai achevaient la conquête de la Russie, le hasard voulut qu'Alexandre Newsky, l'un des fils du Grand -prince de Vladimir, et conséquemment prince de Novgorod, fi(it un grand homme de guerre et de politique. Il releva et repeupla un grand nombre de villes russes; il sut battre en héros ses ennemis d'Europe, les chevaliers Teutoniens et les Lithuaniens , reprendre la Newa
io8 LIVRE III.
5ur les Suédois 9 et capter les Tâtars, qu'il
trop forts pour être combattus.
Le même hasard fit qu'à l'instant où il gs l'esprit du khan^ le prince de Kîef s'attirait la des Tatars et celle des Russes, en se soumettai pape, et qu'André, prince de Vladimir, épouî sœur de ce prince de Kief , et refusait d'acqi le tribut du khan; ce qui TeuTeloppait da même disgrâce. Le khan donna toutes ces pi pautës à Alexandre Newsky; quelques au croient même qu'il l'aida à s'en emparer»
Mais les Russes ne voulaient se soumettre joug tatar ni au sceptre du Grand-prince; de que la vie entière d'Alexandre se passa à don ses sujets , à punir ou à leur pardonner leur voltes , et à courir implorer leur grâce aux pie khan, qu'ils insultaient sans cesse. Il mourui peine , mais en demeurant imjnortel dans le < de ses sujets, qui le canonisèrent; ses vertus i bilitèrent la suzeraineté de Vladimir dans l'opi des Russes,
Cette Grande-principauté fut long-tem^ps, vrai, un sujet de discordes offert à l'ambitioi princes russes ; et tant qu'ils se la disputèren leur épée et par celle des Tatars , le khan y r souverainement.
S'il arrivait qu'un de ces princes osât atta le Grand-prince avant de s'adresser aux Tatai même malgré eux, c'est que, s'il réussissai