‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 70 sur 359 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Déjà, vers i566, ce n'était guère plus que par des dénonciations à la borde que les princes russes osaient lutter contre leur suzerain : mais à quel khan les adresser? La discorde en avait créé plusieurs; quel résultat en attendre? Les années tatares, divisées entre elles, n'étaient plus disponibles.

Ces voyages à la horde dorée, qui d'abord avaient contribué à contenir les princes russes , servaient à présent à les' éclairer sur la faiblesse de leurs ennemis. Les Grands-princes revenaient de la horde assurés d'usurper avec impunité , et leurs compétiteurs avec des envoyés et des lettres, dont euxmêmes sentaient le peu de valeur.

On s'aperçut alors en Russie que la seule force protectrice était à Moscou : il fallut bien recourir à son appui. Les petits princes ne l'obtinrent qu'en perdant leur indépendance, et c'est alors que tous devinrent vassaux du Grand-prince Dmitry.

Jamais grand homme ne vint plus à propos que ce Dmitry. Ce fut un bonheur que les discordes des Tatars les eussent occupés pendant les dix-huit premières années dé son règne'; cela lui donna

• De i362 à i58o.

ia8 LIVRE III.

d'abord le temps d'amortir la flirem* dévastai d'Olguerd-le-Lithuanien , fils de Guedimin , de Jagellon , et conquérant de toute la Lithua de la Volhynie, de Smolensk, de Kief et mém la Tauride; secondement, de réunir à son ti plusieurs principautés; enfin, de forcer les ai princes, et même celui de Twer , de reconnaît suzeraineté.

La lutte contre celui-ci fut terrible : quatre Dmitry abattit Mikhaïl , et quatre fois ce princ Twer, appuyé sur son gendre , le grand Olgue: se releva victorieux. Dans ce conflit opiniâ Moscou elle-même, assiégée à deux reprises, succombé, sans ses murailles de pierres, ouv récent de la première régence des boyards me vites.

Mais enfin Olguerd meurt, et Dmitry, qui, ans auparavant , ne paraissait qu'à genoux de la horde, ose alors refuser au khan son tribul faire massacrer l'insolent ambassadeur que ce 1 lui envoie.

Nous avons vu que, cinquante ans plus tôt, pareille témérité avait causé la chute de la brai de Twer devant celle de Moscou : mais les te sont changés. La triple alliance du métropolite . boyards et du Grand-prince, a déjà rendu Russes le sentiment de leur force : ils sont enhî

' Prince de Lithuauie.

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