‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 77 sur 359 · LIVRE HI. — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE HI. — CHAPITRE IX

étaient les défenseurs redoutables; que leur métropolite ayait une cour, des boyards , des gardes, un luxe asiatique; qu'il y avait des cérémonies publiques où les souverains les plus fiers marchaient à pied devant lui , tenant humblement la bride de Tâne sur lequel ce pontife était monté; qu'enfin > dans les afiaires d'État, le métropolite était le premier consulté : ce qui arriva fort naturellement, beaucoup de ces chefs du clergé étant venus de la Grèce, et paraissant des lumières dans ces ténèbres.

Un autre fait , c'est que, dans les discordes civiles, les prêtres russes furent souvent médiateurs , ambassadeurs, arbitres même, rôle auquel les appelait encore leur ministère tout de paix et de charité.

L'invasion tatare accrut leur puissance; dans la résistance désespérée des villes russes, les khans virent tout le pouvoir de ce clergé sur l'esprit des peuples; c'est pourquoi Bâti, Bourgai et leurs successeurs , le respectèrent , et l'affranchirent même de tout tribut '. Dès-lors , seul riche et en paix , il

' Voyez le firman de ce même Usfaeck en i3i3. Il déclare « que « l'Église est seule juge de PÉgiise dans tous les cas, et de tous les « habitans de ses domaines. Qu'il renonce au tribut que lui doivent «les terres du clergé, ainsi qu'à tous ses autres droits, tels que « ceux de douane, de charrue, de passage, impôts sur les métai^ « ries, et relais pour son service. Que ceux qui contreviendront « à cette sauve-garde seront punis de mort , et non seulement «< pour enlèvement de chose sacrée, mais même s'ils osent seule- .« ment condamner ou blâmer la religion greoqucA »

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acheta tout ou attira tout à lui; le sol russ couTTÎt de monastères^ où les femmes et les hora étaient mêlés; et comme tout le reste était hc blement opprimé, tous affluèrent vers ces couvnobles, marchands, des princes même voulu ae faire moines. Telle était, d ailleurs, la supe: tion , que la plupart des Grands-princes de la mière race moururent sous le froc.

En iSSg, un archevêque de Novgorod a; été pris par les Lithuaniens, la république fii moment de l'échanger contre une province , coi trois villes, et même contre son indépendance.

Un tremblement de terre, d'affreuses pes surtout celle de 1 352 , et plus tard la peur d fin du monde, qu'annonçait pour cette époque ancienne prédiction , couronnèrent l'œuvre at buée à Vladimir : la plupart des mourans léguèi leurs biens aux monastères.

Au reste , la législation des Russes les condui à cette indignité : chez des hommes qui se rac taient de la justice terrestre par des amendes, avait conséquence à croire se racheter de la jus céleste par des donations. Et puis, à Byza comme à Rome, il était passé en principe qi: gagnait les biens du ciel en firustrant ses hérit de ceux de la terre , pour les léguer aux homi de Dieu; ce qui était certainement finir par le j grand acte de personnalité de toute sa vie.

Quant à la tolérance des khans, on ne sait

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