‹ Histoire de Russie et de Pierre-le-GrandChapitre 82 sur 359 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Quatrième période, de 1462 à i6i3.

L'esprit de Fhistoire de toute cette quatrième période, celle du despotisme, est tout entier dans son premier règne, celui dlwan III. Ce prince monta sur le trône en 1462, à lage de vingt-deux ans; il régna quarante-trois ans. Les trois règnes suiyans of&ent la continuation, l'horrible abus du système de cet Iwan III, et la chute de sa race, effet de ce système, qui lui-même n'était que le développement de celui de ses ancêtres.

La vie d'I^an4e-Grand, comjne toutes les grandes vies , eut un but unique , l'autocratie i ce fut en lui l'une de ces passions fortes, exclusives, mais sans la témérité, le désordre, la violence qui leur sont propres. Dès l'âge de vingtr-trob ans, il en sut régler la marche , Fassujettir à la lente prudence d'une politique à la fois insidieuse jusqu'à la perfidie^ circonspecte jusqu'à la lâcheté, mais invariable,

Iwan III veut être indépendant au^lehors, autocrate au-dedans, il a dQnc un grand nombre d'adversaires dans ses voisins et ses sujets; mais il saura réunir, tour à tour, tous ces ennemis contre

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un seul, et ainsi les subjuguer successivement' les

uns par les autres.

Ce qu'il lui fout dompter, c'est Kasan et la horde dorée, dont il est encore tributaire; les grandes communes ou les républiques russes de Novgorod, Pskof et Viatka , qui affectent une souveraineté presque égale à la sienne; enfin, les princes ses parens, fiers de ce qui leur reste d'apanages, où ils veulent encore vivre en maîtres. En même temps il doit contenir la Lithuanie, qui, toujours prête, offre à toutes ces ambitions ennemies, de républiques et de princes apanages, une suzeraineté protectrice , rivale depuis long-temps heureuse de celle de Moscou , qu'elle a su resserrer à l'ouest , au sud , au nord même , en lui débauchant successivement ses grands vassaux.

Voilà ses adversaires. Quant à ses alliés, chez lui, il se servira des nobles, des princes , et de ses sujets du sud et du centre de la Russie , dès long-temps faits à l'esclavage, contre ses sujets du nord encore libres ; puis , des nobles et de ses anciens et nouveaux esclaves, contre les princes de son sang. Enfin, sa toute-puissance lui suffira contre ses Boyards eux-mêmes, dont il n'aura plus besoin, et qu'il ne craindra plus, après l'abaissement de ses autres ennemis et la création d'une foule de petits nobles, ses vassaux directs.

Quant à la horde dorée et à la Lithuanie, ses adversaires du dehors, il leur cherchera des enne-

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