CHAPITRE IL
nue; k sort des républiques russes s'adiève (i4^) ^ celle de Viatka, colonie de Novgorod, et qu'un méine esprit agitait ^ est soumise avec les mêmes précautions. Le Grand-prince a paru inattentif à ses rébellions 5 insensible à ses insultes > tant que Kasan et Noygojnod ont résisté; ces deux États soumis 9 il éclate, et c'est en prodiguant de telles forces qu'il écrase encore, sans combat, cette république. Le sang de trois coupables suffit à son irritation longuement concentrée, mais il n'y laisse que des esclaves.
La colonie annihilée , il revient encore frapper sur la métropole. De i479 à iSaS, à chaque con-> vulsion de la longue agonie de la grande Novgorod ^ expirante, le joug Sr'appesantira; jusqu'à ce que, épuisée de sa population républicaine , transplantée tout entière sur le sol esclave de Moscou, elle ail été repeiiplé^ de Moscovites.
Au reste, nous ne voyons guère qu'aucun grand empire pioderne ait pu prendre l'enselnble indis-» pensable pour se défendre, comme pour se pacifier intérieurenient, s'ordoâûner, s'enrichir, s'instruire, se civiliser} en un mot, pour se rendre digne et eapahle de liberté, sans s'être épuré de ses inatitu-* tionâ barbares, en passant, comme dans un grand inc^idie, au travers du pouvoir absolu.
Là comime ailleurs , pour s'affî^anchir du dehors et s'éckirer au -dedans, il fallait que toutes ces tyrannies se concentrassent en une seule.
t^ù LIVRE ÏV.
L^inquiète et capricieuse démagogie de Novgorod formait un État à part dans l'État; son existence était aussi incompatible que celle des princes apanages, avec l'existence des Grands-princes. La néces* site politique a donc pu pousser Iwan à ce grand attentat. Quant au prétexte, que Marpha, par ambition, patriotisme ou amour, ait cherché dans un prince étranger, un protecteur moins dangereux à sa patrie, que le souverain de Moscou, son m.otif importe peu : le machiavélisme d'Iwan , en dérobant frauduleusement d'abord, et en arrachant violemment ensuite à cette république toutes ses libertés, n'a que trop bien justifié les efforts de cette femme célèbre.
Ce qui est remarquable, c'est que le coup le plus funeste qu'Iwan III porta à cette grande cité fiit involontaire. Jusqu'en 1492, cette ville commerçante avait été singulièrement populeuse , riche et puissante; et il est bien digne d'attention que, malgré sa barbarie, et tant de guerres étrangères et de dissensions, intestines, nées de son gouvernement populaire , cette ville capricieuse ait toujours accru sa prospérité commerciale : tant la liberté, même la moins réglée, est favorable au commerce. Il semble que, au milieu de tous leurs excès , les peuples libres conservent , sous ce rapport, l'instinct de leur véritable intérêt, tandis que le pouvoir absolu s'y trompe sans cesse.
Tant que Novgorod fut libre, les villes anséa-