‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 10 sur 332 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L’esquisse de cette masse d’histoire ainsi donnée, entrons dans ses principaux détails ; et , sans nous arrêter à l’origine presque diluvienne qu’on donne à ces peuples, sans répéter les noms de Japhet, de Rouss, de Slavan et de Schyte, dont on suppose que les Russes, les Slaves et les Scythes sont descendus, disons que les habitans le plus anciennement connus de la Russie d’Europe furent , au midi, les Scythes; au centre, les Slaves; au nord, les Finois. Convenons qu’on ignore leur première origine ; mais tpie pour les Varègucs russes , tout porte à les croire Normands, (i)

L’histoire des uns et des autres, jusqii’à Rurick, est au moins douteuse (a) ; tout ce qu’on y peut entrevoir, c’est que jusqu’au neuvième siècle, de grands débordemens successifs et opposés , ceux de l’Asie centrale et de la Scandinavie, avaient souvent inondé celte grande surface tju’occupe aujourd’hui la Russie européenne. Cependant, à en juger par la dernière irruption talare, avant 860 , celle des Kosars , il semble que les invasions asiaticpies ne s’étaient guère élevées, vers le nord , au-delà des lieux où sont aujourd’hui Kief et Kalougha.

(i) (’j) Voypz «Ipiix Notes la fin du voiuiiie.

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Quant aux irruptions normandes , et à l’exception de celle d’Amala, roi des Goths et fils des dieux , qui , vers aSo , entraîna contre l’empire l’omain tous les Slaves des pays compris entre la Finlande et le Borystliène, elles paraissent s’être écoulées à main droite, vers le sud-ouest; en sorte cpie depuis l’Ocka et le haut Dnieper jusqu’à la Baltitpie, toutes les peuplades slaves et finoises tpii hahitaient entre ces deux déboixlemcns , le centre et le nord de la Russie d’Europe, avaient pu y vivre en repos, s’y multiplier, et déjà même, (!ommc Novgorotl la grande, s’y enrichir par un commerc(î assez étendu.

Mais pour terminer ce coup d’œil , jeté en passant au travers des obscm’ités de l’histoire de la Russie antupie , laissons parler une vieille chronique ; et , fpoique sans doute elle ne s’appuie (pie sur des traditions orales et des chants anciens , écoutons epielques accens de cette voix qui sort à peu près seule du milieu de ces ténèbres.

« En ce tempsrlà , dit-elle (c’était au neuvième « siècle) , un esprit d’indépendance agitait la grande (f ville; Novgorod y perdit sa suprématie; l’em- (f pire, son ensemble. Les Varègues russes descen- (( dirent du nord avec la guen’C, et la grande ville, (( vaincue , fut tributaire.

« Alors le désordre fut grand J mais les peuples « battus par les Ugriens, ailàiblis parla contagion , K opprimés par les Varègues, vinrent à Gostomïelz,

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