‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 100 sur 332 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

commence enfin à présider aux destinées de la Russie ; tout se classe et se coordonne : les routes et leurs stations, la police, l’armée, sont plus régulièrement organisées ; les impôts , unil’onnémeut et mieux répartis. Dans ces milliers d’enfans Ijoyards, nouveaux possesseurs de fiefs militaires, espèce despahis comme on en voit encore en Tiirtpiie, on reconnaît l’institution d’une petite noblesse féodale, mais sans hiérarchie, et dépendante directement du trône , dont elle fait- la force.

Un nouveau code paraît; il règle et toxe la faculté qu’ont les paysans de changer de seigneurs; il détei-mine les limites de l’esclavage ; et , forcé de confier la justice aux grands et .à ces enfans boyards, nouveaux propriétaires, il leur adjoint l’ancien, les notables et le fonctionnaûe civil du lieu.

Du reste , dans ce code barbare , tout est tranchant conmie le glaive qui y tranche tout. Le duel juge la plupart des délits criminels ; en cas de suspicion , et à moins d’une l’éputation intacte, c’est à la tortui-e à éclairer la justice. Les peines du code d’Iwan sont la confiscation , le knout, l’esclavage^, la mort, niveau de son despotisme; c’est depuis son règne (jue les Russes ont étonné l’Eimope par leur aveugle servilité. Les étrangers l’ont appelé hvanle-Grand ; ses sujets, Iwan-le-Terrible. La Russie d’Oleg, de Vladimir et d’faroslaf, n’était plus; c’est la Russie d’Iwan III , réformée par Pien-e-le-Cirand , qui existe encore. ’

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