‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 108 sur 332 · CHAPITRE V!I · texte numérisé non relu

CHAPITRE V!I

Enfin, fpjand, selon l’expi'ession de Thistorien russe, ce lâche prince, dont Vàme est dégradée par la tyrannie, a réuni trois cent mille hommes^ il n’ose les commander ; s’il marche , c’est audevant du jésuite Posseviu, envoyé de Rome, à (fui il dérobe frauduleusement son intervention près de Rattori, en le leurrant de la conversion des Russes au catholicisme.

Toutefois , ce long effort contre les chevaliers porte -glaives est remarquable; son but, alors avoué *, était de donner à la Russie des débouchés sur la Balticfue et des moyens de communication avec l’Europe. Son résultat ftit de faire tomber ces provinces maritimes entre desf mains plus redoutables; mais, (fuoicfue cettergraude pensée appartienne au ministre d’Iwan, et sa déplorable fin à Iwan lui -même, on doit surtout attribuer à cet effort, l’admiration, tant reprochée depuis, au plus grand prince des Russes pour leur' plus graml monstre. ^

Enfin , le germe de cette terreur, dont les premières années de ce tyran fiu«nt imprégnées , s<^ développant de plus en plus , tantôt il se crée des fantômes de voiév(xles révoltés, prêts à le livrer aux Tatars, et il fuit loin de ses armées, qu’il redoute; tantôt il se figure encore ses boyards prots à soulever tout l’emph’e , pour le renverse

' Karamsiii, vol. IX, pagp 439-

ao6 l-IVRE IV. — CHAPITRE VII.

sui' lui e£ l’écrasèr de tout son poids. Alors , ce ne sont plus, à ses yeux, des citadelles, des couvens fortiüés , (jui'pourront le sauver, c’est une île audelà des mers qui ^fsenle , lui semble être un refuge assuré; et c’est à Elisabeth d’Angleterre tpi’il n’a pas honte de demander cet asile !

, ^Alais ai’est-ce donc point assez ? était-il même ' ,néûessafre c|ue l’esprit de l’histoire enregistrât cette longue suitg de dégoùtans symptômes d’une si ^plorable nuowomanieT'aberration trop commune dans cesCÉlatss despotiques, où la tête tourne aux hommes Mqposcs à des. transitions trop fortes, trop subites, et h des élévations sans mesure. Faudra-t-il encore ensanglanter ces pages, en décrivant 1^ |jOrribles redovdjjlenjwis d’une frénésie si évidente ? . ^ , < * * "

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