CHAPITRE VIII. vr
Aü-dedans', tout avait ployé, et c^cndant l’ab-
jcctc soiuiiission dont Iwan IV est enfoiu’é ne jjp rassure pas; son cerveau, blesse par les violentes émotions de son enfance, et sa conscience de j^ ran, lui rendent le fantôme d’une guèj,n’e àu iftTn public toujours présente. Les sti’élily. ne' lui ont pqs sufli; il s’est formé une nouvelle garde de six mille élus',
’ c’est-à-tlire d’espioii5,de délateuçs et (t’assassins , prêts à massaci’cr tous ceux des grands auxquels il suppose le moindi’e souvenir d'une ancienne indépendance. ^
11 a pris ces gardes dans la .^assc inférieure, pour être sAr que. l'envielei^ é.-i’ait partager sa baine.
11 donne à ces bouiT^aux lés biens dé leurs vie-
timcs,et fait ainsi'passer la notabilildet la noblesse, des mains de ccux.cpii , depui.s long-temps'possesjicurs, avaient des préjugé, des prétentions iet des ^
habitudes quelconques, à des gens tout nonvcatix, sans principes, sans préjugés incmé, etrti'op heureux de se plier .V tout jx)ür être riches. ^ I
Dans son premicïf accès de , plusieurs grands boyards du .sang, de Rurick ont péri décapités, j
empoisonnés ou empalés i leurs femmes, leurs en- ]
' Les (tpntchiiiskis. * ^ * *4 j
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(ans, ont ëtë chassés h coups de knout dans les forêts, qu’ils ont remplies de leurs cris, et où ils ont expiré sous le fouet. Dans un second accès , il marche en conquérant contre Novgorod soumise; et, s’imaginant imiter, surpasser même la victoire de son grand-père, il y perce de sa lance une foule de malheureux habitans qu’il a fait entasser dans une vaste enceinte ; puis , cjuand la force manque à sa fiireur, il livre ce qui reste, à ses élus, à ses esclaves , a ses chiens , et aux glaces enti’’ouvertes du Volkof, où, pendant plus d’un mois, ces infortunés sont engouffrés chaque jour, par centaines.
-■Alors , déclarant sa justice satisfaite, il se retire, en se recommandant sérieusement aux prières de ceux qui survivent, et qui n ont garde de manquer à ce commandement de leur dieu terrestre.
Twer, Pskof éprouvent aus?i sa présence; Moscou le revoit enfin , et , le meme jour, des brasiers ardens, d’énqrmes «chaudières d’airain et quatrevingts gibets couvrent la place publique. Cinq cents nobles des plus illustres, déjà brisés de tortures, y wnt traînés; les uns y sont massacrés aux cris de joie de ses, sauvages satellites; le plus grand nombre y expire, longuement diéchicpieté par les couteaux des courtisans du monstre moscovite.
Les femmes ne sont pas plus épargnées ; Iwan les fait pendre aux portes de leurs demeures ; il force leurs maris de n’y rentrer et de n’en .sortir fpi en passadt sous fes cadavres de^leurs compa-