‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 127 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Tel est l’esprit de rhistoire du clergé russe. Celui du peuple rient d’étre esquissé; il est temps d’essayer aussi de se faire une idée de' la. noblesse russe dans tous ses âges , jusqu’à sa cbttf* dans cet abime d’esclavage marqué par le règne d^iwan FV. Car c’est malheureusement dans l’histoire du despotisme que vient aboutir l’histoire de oes -trois ordres.

A force de sonder les ténèbres de ces annales, les yeux s’accoutiunent à leur obscurité. On àrionc pu entrevoir, dans le neuvième siècle , le corafnencement de cette noblesse, dont l’existence est si vague, qu’on sait à peine de quel côté la saisifr.

C’étaient de terribles hommes que les* Vavègûes ! Ils conquirent toute la Russie d’Eàirppe f^us Rhrick et ses premiers successeurs ; qqand Vladimir et laroslaf chancelèrent sur leur .trAde , ce furent encore eux qui les y rétablireiit.*

C’est surtout d'eux que la noblesse tire son origine. , .

Le droit de guerre alors reçu , qui réduirait le vaincu à l’esdavage , et Ja nécanité où se' ti))«vc tout conquérant dç ne soiiiÿtct')^ftésdr^sen*arglée> d’en dépendre , de ja obntenter , de l’intéresser à

la conservation de sa conquête par des établissemens ; enfin , l’hnpossibilitë pour des barbares de gouverner un pays barbare , autrement que pai’ une informe et grossière féodalité , tout cela fit que ces Varègues et les Slaves qui se soumirent à propos et qjii les secondèrent , se partagèrent le pays , èu répondirent à leur <dief, et furent des noMè». . ; t

• Que<des .guemerSy des peuplades slaves ou «al> liées y x>U' conquises, se soient dès-lors et depuis mêlées à ces conquérans , comment en douter ? Mais il importe peu : la souche était Scandinave, tout ce qui s’y grefiait en prenait la sève : c’était comme ces corporations qui , sans cesse renouvelées ,' n’en conservent pas moins toujours le même esprit:

Cette noblesse, d’origine Scandinave comme tant d’autres, a donc , comme tant d’autres encore, commencé par un peuple de vainqueurs cantonné an milita d’un peuple conquis ; et si , là comme ailleurs’, \iette fière origine n’a point promptement transfoirniéy dans la main de ces nobles , ces cantonnemen's ^ -fiefe , et ces fiefs en souverainetés , c’est que les mqeurs, les lieux,, les temps.et les circonstances se sont réunis contre une marche si »a-

turelle^ ‘ .

^ eifet, la noblesse laisse n’a point été comme eelledu i'«§te de l’Europe, rivage de l’autorité squveraine ;'elle ne fut jamais comptée que eomme une

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