CHAPITRE VII
Jusque-là , dans ce rappi-ochcmeiit , tout est a l’avantage de la Russie «luanl à la coiicentraliou <lu pouvoir, et copséquemment à la force :.mais ici la balance' se dérange. D’abord, ces deux dynasties russe et i^lonaise, sont heureusement i^u fécondes; chacune ne produit successivement qu’un seul héritier au trône ; mais la première jusqu’en 5 iS seulement, et la seconde jusqu’en ii57;en sorte que les partages de la Pologne enti'e les Piast ' ne commencent (ju’un siècle et demi api-ès oeux de ia Russie entre les Rurick. Cela donne aux Polo- . nais sur les Russes, une supériorité^qui a pour resultat la prise plusieui-s fois répétée de Kief, et celle des provinces du sud de la Russie (jui l’élèvent de cette capitale.
A cet abaissement des Russes, causé par leui's querelles intestines , ajoutez 1 écrasement de leui empire sous les Tatars : d’où vient 1 allranchisse-’ment de la Lithuanie , jusquc’-là sous le joug des Rurick. Cette contrée, après s’être agiandiè des débris des Russes , se réunit à la religion et au trône de Pologne, dans son premier .prince chi-étien .lagellon , tige de la seconde race polonaise ; l'éuuion qui pmlonge jusqu au regtie du père de Pierre-le-Oiand, la supériorité des Polonais sur les Russes.
11 fajut cvpii'e ay$si, cpie plus pi’ès de la ciiilisal ion, la Pologne en rccueilUt la première les avantages. ,
25a LIVRE V.
C’est poui’quoi , son ascendant l’emporte jusque vers la fin du quinzième siècle. Il lutte même encore , quoiqu’en fléchissant quelque peu , contre l’autocratie d’Iwau-le^Graud; et bientôt cftt ascendant se montre plus rcmarquab^'cjTiç jamfkis sous Étienne Battori , et sm'tout h la chute de cette grande dynastie des Rurick, cpai finit avec le^seij zièmc siècle. *
' ‘ La Pologne triomphante , pénètre alors jusque dans Moscou , au travers des déchiremens* dé la Russie , et par des causes à peu près semblables à celles qui lui avaient livré Rîef en ioi8. *
Mais cette suprématie durera peu; c’est une dernière lueur que jetera de ce côté le génie de la Pologne. Bientôt son flambenu pâlira devant l’éclat des armes d’Alexis, et, cinquante ans plus tard, il passera aux mains de Pierre-le-Grand , pour s’éteindre , avant la fin du même siècle , dans celles de Catherine II.
Ainsi , la Pologne a long-temps l’avantage sur la Russie;. mais malgré ses grands hommes, malgré la généreuse et fière élévation de son génie national , et son audacieuse et héroüjue valeur, c’est une supériorité accidentelle, dont la plupart des causes sont hors d’elle ; qu'elle ne tire pas de sa politique , de la nature de son gouvernement ; cpi’elle ne doit pas à sa position g*ëogi:aj)hique. Elle la doit aux querellés mtéstiues des Russes , à l’écrasement de ces rivàux par les Tatars ; comiqe eticore au bonheur
Di . 'ize^ (j^iogle