LIVRE I. — CHAPITRE IV
s’étant présenté devant Kief comme un marchand de Novt'oi'od , il les attire dans un guet-apens par ces mots : Nous sommes de la même race que vous l et les fait massacrer comme des usurpa teui’s, en leur disant : Vous rîêtes ni princes, ni race de princes ; moi , je suis prince, et voilà le Jils de Rurick ! Puis il se transporte d’admiration pour sa i»nquête ; que Kief, s’écrie-t-il , soit la mère de toutes les villes russes ! Ce qu’iîlle fut en effet , pendant près de trois siècles , et il en fait sa c;ipitale, non pom' s’y reposer, mais parce (|u’elle est plus à portée de l’empire grec, objet de la convoitisti des barbares cpi’il commande.
Néanmoins, il ne les conduira à ce pillage, cpi’api*ès avoir bien lié ses deux capitales par un cnchainement de conquêtes : c’est pourquoi il dompte ou s’attache d’abord toutes les peuplades slavonnes , lilloises, lithuaniennes, jusque-là maîtresses d’ellesmêmes , ou tributaires des Khans abâtardis tics Kosars orientaux.
Dans cette Slavonie j où il veut fixer sa puissance , il se montre mesuré dans sa force , et raodéini dans les tributs qu’il impose. Il tolère tlans Kief le christianisme naissant, et y établit solidement son pupille Igor.
Mais, son empire fondé, il enflamme tous ees vaincus, devenus ses sujets, de l’aventureuse et léi-oce «avidiUî des vaintpieurs, que jusqu’alors il a su contenir. Il se met à la tête des uns et des au-
by Coi igle
très, exalte leurs passions par les siennes, et, les réunissant dans une. horrible et même soif de sang, de gloire et de pillage, il franchit, à la tête de quatre-vingt mille hommes, sm' deux mille barques , les cataractes du Borysthène , désole l’empire grec par d’atroces barbaries, et, comme Mahomet, transporte par-dessus tm cap sa Hotte, ou, selon la chronicpie, la fait voguer sur terre et à pleines voiles, pour la remettre h flot dans le port même de Byzance; puis il attache son bouclier à la porte de cette capitale, comme un trophée, et lui arrache un traité honteux que concluent les douze Scandinaves, Caries, Farlaf, Vérémid, Boulaf, Stemid , etc. , ses envoyés , et ceux des illustres Boyards (pii reconnaissaient sa puissance.
Sa gai-de varègue , <pii semlile être son conseil , •.dont l’assentiment pai'aît nécessaire et suffisant, en promet l’obsei’vation. Ces guenûers le jui’ent par lems dieux Peroun et Voloss , et sur leurs armes, ([u’ils ont déposées par terre devant eux. Ce sont leurs boucliers, lem’s anneaux d’or, lem’s épées nues , l’or et le fer , ce (ju’ils aiment et honorent le plus. Alors le liarbare satisfait vient rapporter son riche butin dans Kief, y jouir d’une gloii’e et d’une puissance incontestée , et y mourir miraculeusement comme il a vécu.
C’est donc avant tout, dans la réunion de Novgorod et de Kief aux Varègues, et dans le génie de Rui'ick et d’Oleg, que nous apercevons les pre-