‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 145 sur 332 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sola , dit-uii, de la troisième. Pourtsuit , dans l’iiue comine tians l’autre, des prédécesseurs dignes de lui diu’cnt lui apparaître; il dut les voir dans les grandes ombres des Alexandre Newsky, des Iwan Kalita , des ümitry Donskor, comme dans réelles, du gi’and'I\van III et du féroce Iwan IV, (ju’il cita trop peut-être.

Reconnaissant leur génie à son génie , il put les observer s’avançant , l’un ‘ le fer, l’autre ’ l’br à la main; un troisième’, lâcHc comme l’Octave romain, mais habile comme lui, armé de toutes les forces que donne une politique patiente, machiavélique, persévérante; et tous, enfin ,' marchant invariablement vers un même • but , celui de la . concentration de tous les pouvoirs dans leui*s seules* * mains.

En même temps , il dut voir l’Asie se désunir de plus eu plus; et, pour la troisième foiS]| une même cause amenant un même résultat , les Russes, soumettre les Tatars , comme ceux-ci avaient subjugué les Russes, et les Russes les Slaves.

C’est en envisageant oes deux périodes, q[u’on a insisté sur les grandes consétjuences du principe de la concentration du pouvoir. On a dit comment il put, seul, triompher d’une ■ anarchie de princes, ainsi qu’à la même ^K)que ce même principe

' Dmitry Dooskoï. '

’ iwan Kalità. ’ • • .

‘ïwanllf.’ ' • • • ‘

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(lumpUiit, daiw le rosie de l’Europe, une aiiarchio de seigneurs. Aussi, lui a-t-oii attribue le rétablissement de la succession directe au lieu de la succession entre frères; celui de la paix intéiàeure; la corujuète tle Kasan et d’Astrakhan , celle île la Nord-Asie, les reprises de l’empire sur la Lithuanie et la Livonie; enün, l’éclat du ' trône i-ussé, qui déjà brille assez pour attirer les regai-ds et les arts de -la chi-étienté à travers ces espaces glacés , et malgré cette double barrière de haine l'cligieuse et politique, dont les Porte-glaives et les Lithuaniens l’environnent. Déjà le règne de Pièrre-le-Grand se prép;u’(!, et le gi’and hvan 111 arrachant à la barbare , Asie l’empire russe renaissant, l’attache par les liens ' (l’une habile et lière politique, et à l’aide de la . craiiite commune (pi’inspire le Turc , à l’Europe civilisée.

Mais ici , le héros de la deuxième dynastie russe , cet admirateur intéressé de l’absolu pouvoir, ne s’est-il point égaré? S’est-il avoué ipie , dans sa marche ascendante, ce pouvoir concentré, s’étant débarrassé de toute entrave, dépassa son but; et (pie, s’autorisant des mœurs imprégnées du joug tatar, il di^vint, sous Iwan IV, un despotisme atroce, destructeur de tout ce qui l’entoiu'ait, de ses gi’ands, de sa propre fomille et de lui-mi'me? Car enfin , Dieu seul a sur tout et à la fois une puissance immédiate ; mais comme, au contraire, il faut toiijmirs au despote le plus nivelcur des

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grands et des minuties , le tyran n’ëcrasa les uns que pQur en élevgr d’autres; U n’aliattit ses pix>ehes au tou» de sa. couronne, que poiu’ en rapprocher des étrangers ; et sa dynastie , réduite à un enfant , s’étèiguit dans son sang comme par ses piopres précautigns. Ainsi , l’on ATt,;ce (pii arrive souvent, le su(M}ès d’un principe en amener l’abus, et cette Jiranche, entraînant toute sa tige, tomber par œ (pii l’avait élevée.

QuelrpKî rapide (pie soit ce coiq) d’oeil , jeté ^ni passant sur cette première race (pie termine à peu près le règne d’iwan IV, on s’arrête glacé d’horreur à la vue de cette monstrueuse époque. La multiplicité d’êtres féroces de toute espèce dont la nature a peuplé le monde, e.st inexplicable sans doute , et pourtant on lî’ose lui Jmpu-jter le monstre moscovite. Qu’on en atæuse plut<ît , une seconde nature née au milieu de ci'ossiers excès , d’insolens complots , d’effrontés assassinats , dont les grands ont entouré et outragé l’enfance de ce tyran ; il semble (pi’ils aient pris plaisir à dresser et à exciter contre eux-mêmes, le tigre (pii doit un jour les dévorer. Au travers de sa marche sanglante et désordonnée, ou -aperçoit, il est vrai, l’impulsion de cette. politique héréditaire , (pii , après avoir abaissé les princes apanagés par les Tatare et par la haute noblesse, écrase cette haute noblesse par la petite. 'Mais l’aveugle rage avec laipielle iwan s’acharne sui' les

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nobles n’e8tS)lùs machiavélisme', mais instiact de bête féroce , haine d’espèce , cpie le besoin rassaâé ■■ n’assouvit point, et qui pousse au mal même inu-: lile. Ils ont frappé ce. jeune cœur de défiance, d’appi^hension, de cette peur enfin, la plus violente, et puissante , et cruelle de toutes les passions ; manie furieuse , sanglante frénésie que l’àge développe, et cpi’on reconnaît trop bien lorsfpi’on* voit l’insensé ivre de vin, de sang et de pouvoir, écraser dans scs sujets , les esclaves, les pluâ^ soumis, et croire encore, s!en défendre. i'i Y

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