‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 147 sur 332 · CHAPITRE IM · texte numérisé non relu

CHAPITRE IM

iiol^lesse a été {^agin^q par l’esclavage de la glèbe * ; le peuple .des villes, par une aflêctation soutenue de popularité; les criminels, par rindulgence; la naliun entière, par l’éclat d’une administration et* d’une politif|ue habiles. Smolensk est fortiliée ; ArchangA bâtie; les Tatars, battus pour la der^ nière fois sous Moscou même, sont rejetés dans leurs déserts; des villes fortes, construites autour de leur i-epaire, les y contiennent. D’autres forte.resses s’élèvent à l’ombre du Caucase; la Sibérie est définitivemeut l’cconquise par les armes, par les arts et les mœurs russes. Les Suétlois sont i-eje^ji dans Narva, des relations' diplomaticpies s’ou- . vTcnt avec les puissances européennes. La Lithua- ^ nie, la Pologne elle-même, consentent, dit-on, un' instant à se soumettre au sceptre tpîe dirige Gom^ dounof. L’esprit de secte paraît seul avqjr rompu '* cette gi’ande roiinion alors volontaire, et qui’deux^ siècles plus tard sera forcée. ils

C’est à l’instant du plus vif édat de cette glcirc de Boris, (ju’après .sept ccyt trente-six ans^'tl’existence, la dynastie de Rurich Ijnit eu Fœdor sem cinquante-deuxième souverain, et avec le seizièn^|^,^iit\. . siècle ^ 1 598). D’autres branches existent^encore,'’/ mais le despotisme d^fwan est retonpbé 8|ir tcmte sa ^ ^ race. 11 a tellement isolé le trône p»r la fÇiiTeuj', que le ministre de cette ternuir est lê seul <jui pst; y prétendre.

* En lôqu ou I5gî. — A'. Divof, P.kHi flf 1597^

"fcIVR-E VI. .

--a'ja

Les députds de la Russie se l’assemblent ; écoutez leui’S annalistes : L’élection conunenoe ; le peuple regarde les nobles, ceux-ci les grands, et les grands le patriarche; il parle , il nomme Boris! et tous à bu fois, et comme un seul homme, répètent ce nom redouté !

De son côté, Godounof tient d’une main si assui’ée toutes les chaînes du jxiuvoir , qu’il se complaît à refuser obstinément ce sceptre tant désiré. Les grands, le peuple j l’euvironneut de leurs supplications ; il leur échappe , il so réfugie dans un monastère, f[ue cette foule d’esclaves environne encore inutilement. ‘Cette scène politique, .tpie ses pareils ont pu .jouer à peine pendant quelcpies minutes, il ose la soutenir pendant plus d’un mois. ;11 sait que du fond de la cellule où il vien): hjpocri- ' tement d.e se l’étiré!', un souille de sa bouche suf-^ «^lii-a ^tu’ remuer à son gi’é tous les flots de cette, roule immense.*

>En effet, peuple, grands, prêtres, tous suivent l’impulsion ; il semble que, par des fils inaperçus, il db’ige tous les nV>uvemens de ces milliers d’iudi- ^yidus : toujours invisible, il les fait aller, venir, ‘s’écrie* pu se taire 'à la fois et à Aolonté, comnie rtmi seul corps dont il serait l'Aine. ,

C’est ainsi qu'au piedtiu monastère qui le renferme, le sycdphante attire ce troupeau d’esclaves, le repousse , l’attire encore saqti ci aindi'e de le rebuter, # qu’énlin il ne ci’dçMpf après avoir rc'-

Page 1