CHAPITRE II
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despotisme et la gjieire ; puis la mer Blanche ; enfin, un empire tout de terres, prisonnier, .sans autre issue qu’une mer sauvage , repoussante , diserte, et, pendant les trois cpiarU de l’annëe, en- ‘ehaînée elle-même et immobile.
Mais un coup hardi vient de mettre un jeune barbare de dix-huit ans à la tête de cette nation barbare , et tout va changer sans retour. Mii’acle de l’histoire! Pour remuer, éclairer, agrandir, enfin pour transfonner entièrement toute cette nature morale et physique, en dépit d’ elle-même, il va suffire d’un seul esprit renfermé dans le court espace d’un homme.
Ce jeune prince est issu d’une famille de piœurs pures, ce qu’on reconnaît non seulement à la vigueur colossale de son coi’ps, mais à,celle-de son esprit. Sans égoïsme dans la plus' égoïste des passions , son vaste cœur renferme en lui seul une ambition donation tout entière; une d'e .ces grandes et nobles ambitions sans personnalité, gloire de vingt millions d’hommes'!
A cette grandeur d’âme , il joint une rectitude de jugement, une justesse 5’ espéit ,*^ ce bon sens enfin fju’on pourrait appeler uii sijuème sens, et fjui seul peut donneè h toutçs fes forces de l’âme et' du coi’ps , une utile ,*et p9r conséquent véritablement gi-aijde direction*. ‘ .
Ajoutez à cela, un tempérament de grand liommc, cette harmoniè de vigueur et d’activité plij'sique
3q2 livre VII. — CHAPITRE II.
et intellectuelle , nécessaire à la vive et forte con- - ception , à l’opiniâtre poursuite , et à l’accomplissement des vastes projets. Enfin, cette taille des héros imaginaires, que les véritables ont rarement; soit que la nature humaine ne puisse être si complète , et qu’elle s’épuise dans les grandes proportions ou du corps ou de l’âme ; soit incompatibilité entre ces deux avantages, les hommes de si belle apparence, ne se donnant guère la peine, d’être hommes à si grandes actions.