CHAPITRE III
Jusqu’à vingt ans, l’ëtude de quelques langues de l’Europe, celle de l’art militaire, et le soin de former peu à peu , une armée de vingt mille hommes, d’après les principes de cet art , occupent sa première jeunesse.
Des exercices meurtriers, de petites guerres sanglantes, montrent à la fois l’ardeur du prince, la diu-eté des temps , et çe mépris oriental de la vie des hommes ; digne résultat du sei-vile abnitissement des sujets, du despotisme du maître, et de l’exclusion des femmes de h» société. *
En même temps, les cosaques russes ‘poussent leui's conquêtes en Sibérie juscpj’aux frontières de la Chine. Les deux empires , en se touchant pour la première fois, se heuttent^ jusqu’à ce que le traité de 1692 marque la frontière' qui doit leur être commune.
C’est ' alors cjue dans une chaloupe européenne,
oubliée au milieu d’autres ruines , et dont il se fait
, expliquer l’usage, le génie du Czar entrevoit je
véritable iustinment de civili^tion de son empire.
Dès ce moment , ce prince , dont la premîèi’e en- • * -
• Bass\'illc, P'tf de Lejort, Ptc. rtc.
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lance , eflrayée par le bruit soudain d’une forte cascade ‘ avait pris pour l’eau une horreur dont on avait été long-temps à le guérir, se passionne pour cet élément ; il s’attache à l’art de la navigation ; une rivière , tin lac , la mer Blanche , seule mer russe d’alors , lui servent successivement k l’approfondir.
La guerre o/nnmence enfin ’ : ce sont les Turcs que Pi(!iTe attatpie. Il n’a rpie vingt-trois ans, et déjà , dans le siège d’Asoph , la graiule pensée de sa vie entière éclate. Il veut civiliser ses peuples en ' commençant par la science de la gue.iTe de terre et de mer. Cet art, qui dès-lors renfermait tous les auti*es arts, leur ouvrira le chemin de la Russie, et les y protégera. C’est par cette science que le Czar 4 conquerra à son empire cet élément , à ses yeux le plus graud*«Vi!Î^«i/r du mortde, parce qu’il est le plus favorable a la communication des peuples entre eux. t . ► • '*
Son essai («ur A»opn ,‘ ses* reters quaud, dans son impatience, U s'écarte des principes,* et son succès, après deux ans’de siège, quand il les a suivis , l’bnt confirmé dans sa résolution. Douze bâti-
rtiens de gueiTC construits 'sur la Vpronèje, et descendus sur .le Don ÿ ont asSuné cette conquête. .* » ,
Depuis les hiarques^des.Varègnes , c’est la première
fois que des voiles russes ojit reparu sur ces rivages: •
' Manstein. * . . *