CHAPITRE IV. . 3i
Mais Pierre a appi-écié la force des trois élëmeii^ sur lestpiels il veut atçir : il sait cpie 1 État , tel (jue son génie le comprend, est tout entier en lui seul. . A se3 yeux , le clergé misse ne peut être une puis- sance si dangereuse. Il est vrai f[ue , toujours de plus en plus nombreux et privilégié depuis Vladi- ’ mir-le-Gi-and on le retrouve, en 1700, le premier consulté dans les affaires importantes, jugeant k mort et sans appel , et possesseur de la moitié des biens de l’empire; et. pourtant il était
resté soumis par tradition, par intérêt, par im-
puissance. ^ *
On a dit les causes de cette soumission Constantin aux chefs du gouvernement; on a surtout attribp* la sujétion de ce clergé au mariage de ses prêtre^ ^ . coutume tpii introduisait , dans lem' corporation , les parties les plus hétérogènes ; rpii mêlait , k leur esprit de corps, des intérêts divergens; qui les rattachait k l’état civil , eu les rendant autant citoyens cpie • prêtres, et les déconsidérait devant leurs ouaiMes par de trop grandes conformités de position.
On a mi , que sans cesse au milieu de désordres , de dangers extrêmes, ces prêtres et surtout leur métropolite presque toujours étranger, avaient avant tout, senti le besoin d’ordre, et d appuyer de toutes leuis forces mi gouvernement sur lef|uel seul ils pouvaient s’appuyer.
Vej'S l’nh 1000.
Aussi les métropolites et les Gi'ands-priiices avaient-ils grandi l’un par l’autre, et l’on avait vu un patriarche à Moscou dès tpi’il y avait eu un czar.
C’est alors que ce fidèle allié des Grands-princes, fpi , depuis plusieurs siècles , les avait aidés à ‘dompter les Russes rebelles par les Tatars, et les Tatars par les Russes, enfin réunis, ose, soit ambition ou superstition, leur résister à son toiu-; et c’est contre Pierre-l<^rand ([u’il se déclare ! Mais ce’ clercé avait contribué avec Unit de succès à ac- «Toître la puissance des czars , cp’elle va l’écraser à tllc seule, d’un mot, et sans le secours de personne.
• D’abord ces pi-êtres tentent d’exciter la nation à la révolte; mais à qui s’adresseront-ils? à la noblesse, . Eh ! ii’est-ce pas surtout avec l’aide de leur patriarche, tpie le frère aîné de ce même czar lui porta uii rlernier coup, par la desti-uction de ses privilèges? D’ailleurs ce clergé s’appuierait vainement sui- cette ombre d’un coi’ps informe et sans ensemble depuis son origine. Pierre, ({ui le premier rassembla ses annales, en connaît la longue faiblesse. 11 sait que ces nobles ne peuvent s’appuyer siu- l’orgueil de leurs souvenirs ; il connaît leur longue soumission aux villes et aux petits princes russes; leur asservissement de trois siècles, à toutes les brutales fantaisies du moindre voyageur, ou marchand tatar. Dans lem- ténébreuse histoire , ses yeux ne peiueut même bien distinguer leurs obscurs aïeux , que lors(pic la chute et le mélange des princes
ÿOigiti^d