‹ Histoire de Russie et de PierreleGrand, par m. le général comte de Ségur, auteur de l'Histoire de Napoléon et de La Grande Armée, pendant l'année 1812Chapitre 170 sur 332 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de quoi que ce soit, depuis une couronne de Grandprince jus(pi’au simple poêle qui sert de lit au dernier paysan.

Cependant, l’ambition, la cupidité des princes russes, causes de tant de malheurs, s’agitent dans cette fange et s’ajoutent h ces fléaux. Le citoyen de-' vient si misérable, qu’il faut cpie la loi lui permette de vendre quatre fois scs enfans , et de se vendre lui-même. On y devient avide, insensible aux injures et à la honte; enfin, s’écrie leur historien national , « la Russie d'alors est plutôt une sombre « forêt qu’un empire! »

Dans ce chaos, les républitjues russes <lu nord sont, il est vrai, restées libres et puissantes. La liberté primitive des Slaves s’y est long-temps conservée; mais c’est une liberté barbare fjui succombe à son tour, quand à l’oppression étrangère , succède une tyrannie intérieure. Cette autre- barbarie écrase toutes les autres ; c’est alors que , pour mettre un ordre immuable dans ces diflérentes couches d’esclaves, étendues l’une sur l’autre, elle attache la* dernière, la plus inférieure, le peuple enfin, à la glèbe.

Pourtant, c’est depuis ce dernier excès de despotisme que , dans Moscou même , ce peuple semble avoir exercé, plus d’ibtluencè. Qu’on voie ses révoltes depuis Mikhaïl jus<iu’à Sophie. Pieri’e-le- Grand ne peut attribuer ce nouvel esprit cpi’à l’ébranlement causé par la chute de la race sacrée

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